Paris III - Le nouveau Paris à l'Est

Suite des notes du Carnet fugace...

29 décembre

Promenade Bastille – Bercy le long du canal Bastille et puis jonction avec la Seine (12è arr.)

Cinémathèque Française. Exposition Métropolis "Epopée futuriste" (Fritz Lang) et collections permanentes. Excellente librairie sur le cinéma, classement bien fait par réalisateurs avec livres et films combinés.
Post-It 22 Jan. Je n'avais jamais eu l'occasion de voir en entier ce film extraordinaire de 1927 dont les originaux ont été dispersés et les bobines détruites, sauf une série complète par miracle retrouvée en 2007 à la Cinémathèque de Buenos-Aires -- Borges Dieu seul sait comment ! -- qui a permit après un minutieux travail de nettoyage de la pellicule et de remontage de voir le film tel que Fritz Lang l'avait conçu. Au-delà de l'anecdote qui n'intéressera que les historiens du cinéma (noble et excellente discipline) "Métropolis" est un film culte géant où l'on trouvera une allégorie de la lutte des classes, un roman de science-fiction, une "matrice des villes du futur", inspiration directe par exemple du Los Angeles de Ridley Scott dans Blade Runner, vision aujourd'hui dépassée, "futur antérieur" certes mais quelle poésie dans ces images de Fritz Lang, quelles étranges noces chimiques stylisées Art Déco!

Brasserie « Café Chabalier ». Ambiance :
Hé bonjour M’sieur Dame ! Vous revoila ! Allez-y installez-vous à l’aise, j’arrive dans une minute !

Les Parisiens, peuple naturellement porté vers la littérature, il suffit d’observer et d’écouter les gens qui lisent un peu partout, dans le métro, dans les brasseries, les salles d’attente des musées, et pas seulement des journaux mais de bels et biaux livres … de poésie, des essais de ci de là…
Les gens qui parlent aux terrasses chauffées des cafés les gens qui parlent à leur téléphone portable marchent vite vers une destination un rendez-vous amoureux parfois d’affaire ou les deux les gens les Parisiens et cette langue ces accents ces expressions imprègnent le cerveau comme un buvard gourmand d’encre sur lequel des mots se forment des phrases des incipits de textes de textes.
La littérature naît de l’amour de la vie, c’est l’encre spirituelle qui s’enrubanne dans nos phylactères émotifs.

Découverte de la Bibliothèque Nationale de France « François Mitterand », site des quatre tours, froid et futuriste et grandiose, grandiloquent un rien peut-être mais quelle vie à l’intérieur !
Comme on dit à Bruxelles, c’est plein de « studenten » sauf qu’à Bruxelles justement, il n’y a rien de comparable, plein d’une vie à la fois studieuse, concentrée sur les travaux, les lectures, toutes les salles de lecture du parcours rectangulaire entre les quatre tours d’angle saturées et chacune dédiée à une spécialité et aussi très décontractée, ambiance vacances, un rien jours de fêtes, expos, étudiants assis par terre leurs laptops sur les genoux…
Le soir retour à Montmartre. Et s’achève ainsi le deuxième jour dans l’ambiance cosy du bar « Le Vrai Paris » rue des Abbesses, entouré – faut-il préciser ? – de ‘beautiful people » car toutes les Parisiennes sont belles tous les Parisiens sont brillants. Luminaires romantiques, abats jours parcheminés rose faux cristal banquettes à l’anglaise murs de pierre ronde et généreuse Lounge chaleureux et toujours les mêmes voisins de table sur la terrasse chauffée de l’autre côté du simple vitrage, bordure efficace contre la fumée des cigarettes qui chauffent la salle des machines du Moloch alangui de l’autre côté de la rue… Etrange non ?

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