Ultime leçon d’analyse cinématographique

Retranscription des notes prises peu avant la fermeture définitive du Cinéma Arenberg, besoin de faire passer un message sur une forme de beauté qui défie le temps, sur le cinéma et la fin d'une époque d'art et d'essai à Bruxelles... J'y assistais à la dernière leçon d'analyse cinématographique sur le "Montage Narratif", vaste projet d'analyse démarré il y a plusieurs années par Thierry Odeyn, professeur à l’INSAS

Ce Samedi 26 Novembre 2011…
Notes de la leçon et réflexions sur le cinéma, l’Arenberg qui ferme ses portes …

La leçon d’analyse débute par un rappel du ‘Nuit et Brouillard’ d’Alain Resnais et des thèmes qu’on y trouve déjà à l’œuvre et que nous retrouverons dans ‘Hiroshima mon amour’ : la lutte contre l’oubli, ce qui est in-racontable.
Dans ‘Hiroshima’ Resnais entreprend une collaboration sur un mode fictionnel avec un écrivain, Marguerite Duras, il a été inspiré par le roman ‘Moderato Cantabile’ de cette jeune écrivain et il lui demande d’écrire pour lui un roman (rédigé en huit semaines, un exploit).
Resnais ne veut pas faire sur ‘Hiroshima’ un film d’horreur sur l’horreur, il veut faire autre chose : est-ce qu’on peut vivre une histoire d’amour dans ce contexte-là (guerre froide au moment du récit sur fond de catastrophe à Hiroshima – la menace de l’atome). Resnais propose que Duras écrive une narration au présent, il rejette l’approche classique des flash-backs (exemple : Le Jour se lève de Marcel Carné) qu’il considère contraire à toute réalité psychologique ; pour lui la mémoire n’est pas chronologique (linéaire) ; le « réalisme mental » voila le « vrai réalisme » pour Resnais. Ce qu’il rejette en somme : le vérisme.
Importance de la diction très particulière, de la voix des acteurs (Emmanuelle Riva, Okada) ; le lyrisme des personnages.
Référence commune à Resnais et l’équipe de tournage au Japon : L’Orphée de Cocteau (où comment se faire comprendre en référence à un film).
Comparaison évoquée mais pas approfondie du film avec un Quatuor musical.
Analyse du prologue d’Hiroshima : les voix (Riva, Duras), les rapports contrapuntiques entre images et musique.
Livre de référence pour Resnais : la biographie / commentaire rédigée par Gaston Bounoure chez Seghers en 1961. Après la séance je passe dans la galerie Bortier chez Génicot et je trouve là le bouquin, au sous-sol, bien mis en évidence Il m’attendait, c’est évident.

Et c’était la dernière leçon – prématurée – du cycle d’analyse cinématographique pour cause de fermeture définitive de l’Arenberg, Galerie de la Reine à Bruxelles. Une page se tourne… Mélancolie.



photo de l'auteur: Emmanuelle Riva dans "Hiroshima mon amour" d'Alain Resnais (1959), cinéma Arenberg 26 Novembre 2011

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