Le parti pris des choses

Un autre objet pongien

C’est un fil qui s’entortille au bout des doigts, ne se laisse pas saisir ; présente un treillis très serré sur la face de deux écoutilles qu’un marin un peu fou aurait attaché pour prévenir ; c’est blanc et froid et dérive d’hydrocarbures, comment - il nous faut un chant, le chant du styrène pour le découvrir ; cela dit-on, dans les ports lointains où le navire s’égare porte les sons très serrés, très aigus, corpusculaires d’une voix de navigation ; de très près on entend le message pour nous délivrer des récifs, des écueils où une nonchalance nous entraîne, et pourtant, et pourtant, cela d’un coup se détend et devient long fil tendu entre les mains, prestidigitation du capitaine, et certains qui l’on vu racontent ce prodige d’une pointe en acier crénelé qui s’enfiche dans un objet noir et se porte aux oreilles en pendentif. Victoire ! victoire du héros qui a vaincu le serpent des origines et du marin qui a déroulé le nœud borroméen de la technique.

Rédigé en atelier d'écriture (2è série)

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