Les Métamorphoses de C. Bande photographique



C. rêvait l’enfance, façon « Camera Works ». Où sont passées les roses d’antan ? Vous savez, c’était un grand nostalgique… Sa fille C… avant son voyage en Amérique. – Ah oui ! La grande photographe ? Celle qui allait parcourir les USA au moment d’Août Quatorze, témoigner du big bouzouf… - C’est ça.




On voit ici Bébert au repos… Il en avait vécu des choses… Pauvre bougre, trimballé dans une musette. – Avec des trous dans le fond pour respirer ? – Oui, c’était quand même dur pour un chat, la traversée de l’Allemagne…



Le bureau de C. Il occupait une haute position dans la finance avant sa chute.

- Que s’est-il passé ? Une grosse perte d’argent sur une spéculation de change douteuse, et puis l’alcool… les femmes… le cabaret… Montmartre !


« Titine », la fidèle compagne de C. Elle cherchait une planque, il y avait plein d’appartements à saisir dans la City. – Et à l’arrière, ça n’était pas un des engins « aliens » ? – Tout à fait.



Une oie traversa la route ! Elle s’approcha de C. et lui dit : -- Fuis avec ta famille, quitte cette ville, ne te retourne pas pour regarder car ma colère sera terrible !


Où l’on devine C. – C’est une photo truquée non ? C’est la dernière « objectivement » qu’on ait de lui avant sa disparition. – En somme, après la rencontre avec l’ange ? – Faites attention à ce que vous dites !


Philippe Alméras commente la disparition de C. Philippe aime les méthodes d’investigation « musclées ». Philippe est un biographe réputé qui arrondit ses fins de mois en faisant de la filature – Ces artistes quand même !


« Il aurait rejoint une troupe de danse contemporaine au Roseland… » C’est tout ce que j’ai finalement appris me dit Philippe un peu désabusé. – C’est où le Roseland ? Un cinéma désaffecté à Bruxelles.


Elisabeth C. commente la disparition de C. – La danseuse ? Oui, sa première femme qui était rentrée à Hollywood. Elle disait que les anges avaient annoncé la fin du monde, alors elle se cachait dans une cave.


Les gens se rassemblaient autour des portes vers l’infini que les « aliens » avaient ouvertes. Il parait qu’on y aurait vu C… mais j’ai pas eu de preuves…


Selon une autre version il se cachait dans la Bibliothèque Solvay. – Au moins là il était dans son élément. – Je ne vous le fais pas dire. Mais fallait brûler les livres pour se chauffer…


Un jour il m’envoya cette photo d’Arizona. Mais comment savoir s’il s’y était rendu ? – Il racontait des histoires sur les Navajos pourtant. C’étaient des potes à lui… Entre la banlieue et les réserves d’indiens il n’y a vu que du feu…


Alors c’est lui qu’est installé là ? On dirait le terminus de l’Eurostar à St-Pancrass ? – Tout à fait, il venait d’y achever la nouvelle « The Wall ».


« Ghost in the sky », il y travaillait au moment où j’ai retrouvé sa trace à Londres, il était fasciné par les histoires de bombardiers lourds, l’influence de la traversée de l’Allemagne en 44 sans doute …

Et il me dit simplement : que voulez-vous je vous raconte sur moi ? Je ne connais même pas la date de ma mort ! Tout ce que je demande c’est d’être enterré dans un cimetière, façon « catholique ».


« Regardez ces longues trainées blanches dans le ciel bleu » me dit-il, ce sont des anges ?... ou des bombardiers en route pour la Chine ! Nous étions en Août Quatorze et le big bouzouf allait recommencer.


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