Lettres à Joseph Garcin (1929-1938)

Extrait: Lettres à Joseph Garcin (1929-1938)

13 mars 1931 [ ?]

Bien sûr je viendrai à Londres, c’est essentiel. Vous me conduirez chez vos tueurs, et dans tous les bobinards, je confesserai toutes les petites amies de votre baron white. Diable, rien de vulgaire là-dedans, la vulgarité vous le savez bien elle est chez tous les marchands de philosophie, dans les loges à idées, comme en 14 chez la duchesse – Encore au Trocadéro où Keyserling bavarde à propos du progrès, de notre monde moderne et mécanisé et exaltant, quelle imposture ! Alors que nous croulons sous les menaces de tous ordres, que toute la France masochiste s’enivre des pires infectes diversions. On doit vendre dix automobiles par semaine, la Peugeot « qu’il vous faut » coûte vingt mille francs et plus. Relire Sorel et Péguy que diable…

Louis-Ferdinand Céline

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