Avant-dernière séance


Séance exceptionnelle, un jeudi soir plutôt qu’un vendredi.
Cette fois-ci nous allons travailler la fin de la nouvelle, la chute.
Pour la dernière séance nous travaillerons la réécriture.

C’est quoi une chute ? Un effet de surprise qui éclaire le sens du texte ; qui amène à le réinterpréter. La chute aura une tonalité (humoristique, pathétique, ironique…). C’est une conclusion inattendue.
La chute peut être une fin fermée : on a tout compris, tout est résolu, ou une fin ouverte : une part de mystère demeure, l’interprétation reste possible.
Types de chutes : le personnage n’est pas celui qu’on croit, un retournement de situation…
Dans le cas du « récit enchâssé » qui nous occupe (un récit dans le récit), il y aura donc deux fins, ou deux chutes, ou une chute, et une contre-chute.
Structure générale de ce type de nouvelle : Début (mise en situation) - Récit enchâssé (début – milieu – fin) – Retour à la mise en situation initiale et Fin.

Dans la réécriture on va travailler sur l’implicite, l’explicite, l’ellipse : apprendre à éliminer les parties superflues du texte d’origine, en faire son deuil.
Achever son texte c’est perdre quelque chose en chemin.

Consignes d'écriture (avant de passer à la proposition principale)
1. Trouvez un mot, une question, qui servirait de titre à la nouvelle

Tous en scène !
Dernière Danse
Je t’attends. Viendras-tu ?
Ici, on craque
Ici, on m’assassine

2. Ecrire en une phrase l’idée de la chute
Fin du récit enchâssé : l’actrice est renvoyée après la première représentation de la pièce de théâtre « Une chatte sur un toit brûlant » et sombre dans la dépression.
Fin du récit principal : l’actrice est assassinée sur scène, au moment où elle s’apprête à déclamer la vérité. Mais est-elle vraiment morte, ou est-ce la pièce qui se termine ?

3. Ecrire sur une bandelette de papier la chute ou la fin des textes des autres participants à l’atelier d’écriture.

Trois closules
- pour Robert
Sur ces derniers mots, le convoi s’ébranla à nouveau et glissa silencieusement dans l’obscurité, l’oubli et le pardon des pêchés.

- pour Charles
Fou de désespoir, le gardien du phare, dernier homme lucide parmi les vestiges du monde, déclencha le signal d’appel à l’aide. Un long rayon à haute énergie fut émit en direction de l’espace profond.

- pour Christine
Trois carreaux, trois cases, deux blanches, une noire, et le saut du cavalier par-dessus le néant de ma page, me met en échec et me sauve.

Trois closules pour moi
- de la part de Robert
Le velours rouge retombe lourdement. L’unique spectatrice applaudit et réclame un bis. Que voulez-vous que je fasse ? Je m’exécute devant un tel enthousiasme : Mesdames, messieurs…

- de la part de Charles
Tous les spectateurs s’en vont bluffés. L’histoire qu’ils viennent d’entendre, c’était la leur, à tous. Comme un cadeau, elle leur appartient !

- de la part de Christine
Les spots s’éteignent. On entend le son d’un corps qui tombe. La guitare ne jouera plus. Silence.
Rideau.

Ecrire la fin de la nouvelle, les « cinq dernières minutes » en utilisant une ou plusieurs des bandelettes reçues par les autres participants, comme incipit ou comme closule.

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Mes notes d'atelier d'écriture à l'état brut. Troisième et avant-dernière séance du travail de rédaction d'une nouvelle. Séance du 21 juin.
Le billet suivant contient la proposition d'écriture proprement dite de cette séance "Les cinq dernières minutes".

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