Tous en scène!


Venez !

Ne faites pas attention au désordre, c’est comme ça tous les soirs…

Il y a quelques chaises libres par là… Oui, vous pouvez les déplacer… Ici, oui, disposez-les en cercle…

Avec vous, un peu de la rumeur du monde va entrer, un peu de lueur du jour, car ici on n’allumera que des chandelles. Vous verrez comme des étoiles piquées dans le rideau du fond.

Cela commencera par un trille de rossignol très fluide qui montera dans l’air embaumé.

Vous les voyez les flammèches à présent ? Et cette pointe de citron vert qui flotte, la sentez-vous ?

C’est ainsi. Tous les soirs, vous vous mettez en place, disponibles, prêts à capter les vibrations du conte. C’est ce que vous attendez, vous êtes venus pour cela.

Pour frémir au bruissement d’une page d’un livre qu’on tourne, pour frissonner avec l’onde fraîche de l’eau qui se déverse de la petite cascade, là-bas dans le coin de la pièce. L’entendez-vous déjà ?

A présent, les bruits de l’extérieur s’éloignent, les feux du jour s’apaisent, l’air acquiert une pureté de savane africaine au commencement du monde.

Vos corps se tassent un peu sur les chaises, votre bouche se détend pour libérer cette bulle de silence qui montait en vous, et comme un poisson remonté des profondeurs obscures, vous vous apprêtez à éprouver votre corps qui gonfle dans l’ascension, ce corps qui finira bientôt plus léger que l’air lorsque l’histoire sera terminée.

Voici !

Maintenant, au rythme doux des tambourins, des personnages vont entrer en scène.
Telle que vous me voyez… faire un tour… et puis…

Disparaître !

Rédigé en atelier d'écriture, 2è série, ce 8 juin 2012.

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