Chris Marker In Memoriam (29 juillet 1921 - 29 juillet 2012)

le 11 mars dernier j’évoquais la disparition d’un maître moebius ce soir hélas il s’agit de parler de chris marker maître de la mémoire imparfaite témoin engagé du siècle cinéaste influent et discret les amateurs éclairés le connaissent depuis 1962 la jetée roman photo filmé voyage dans le temps amour plus fort que la mort beaucoup d’autres films aussi et des textes et de la vidéo et du multimédia un artiste complet non pas de filmographie savante ce soir je choisis parti pris pas de ponctuation la pellicule se déroule le montage est fait dans le cerveau du lecteur liberté d’interpréter le flux une image qui obsède un profil de jeune femme le voyageur dédoublé le cinéma comme incarnation des corps de mémoire exemple de passerelle jetée entre vertigo et la jetée hitchock marker kim novak et la belle inconnue un autre film majeur aussi sans soleil 1982 documentaire ou oeuvre de fiction allez savoir il faut regarder tenter de comprendre s’immerger dans le fleuve en renaître esprit avec chris marker auteur d’images animées ce que nous regardons c’est notre processus d’oubli à mesure à l’oeuvre j’ai un jour pensé l’alzheimer cela ressemble à un film de chris marker j’ai voulu écrire une nouvelle sur l’angoisse de cette maladie en évoquant l’atmosphère du japon du cap vert de paris les mots de sandor krasna double de marker ses lettres lues par florence delay mais n’y suis pas arrivé ses films m’inquiètent et en même temps voir les quelques secondes d’introduction à sans soleil c’est entrer en grâce à la fin du voyage tout ce qui reste ce sont quelques images d’une pellicule tremblotante je cite l’incipit du film roman  La première image dont il m’a parlé, c’est celle de trois enfants sur une route, en Islande, en 1965. II me disait que c’était pour lui l’image du bonheur, et aussi qu’il avait essayé plusieurs fois de l’associer à d’autres images - mais ça n’avait jamais marché. II m’écrivait : «... il faudra que je la mette un jour toute seule au début d’un film, avec une longue amorce noire. Si on n’a pas vu le bonheur dans l’image, au moins on verra le noir.» si on n’a pas vu le bonheur dans l’image au moins on verra le noir à la fin de notre voyage sur la terre c’est peut-être le choix entre paradis ou enfer qui se pose chris marker avait compris il a rejoint la terre des immémoriaux en compagnie des chats qu’il aimait tant de quelques livres de quelques images peut-être ces enfants sur une route en islande peut-être le profil d’une jeune femme





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