Grèce VII


Note du Carnet Fugace vol. II 
Visite du musée Skironio consacré à la sculpture de Kostas Polychronopoulos.
Courageux, en plein après-midi, sans chapeau ni lunettes de soleil.
Trente-huit degrés à l’ombre.
Le musée proprement dit consiste en une belle maison un peu labyrinthique où il fait frais au croisement des lignes d’un triangle aéré de corridors.
C’est là, choisi avec précision, que se tenait le chien, un golden retriever affalé, et pour cette raison même, au dire de la curatrice du musée, la veuve de l’artiste.
Elle m’avait pris pour l’ami d’un sculpteur de sa connaissance établi à Paris, ou bien était-ce une connaissance commune au Japon qui m’avait signalé l’existence du musée?
Cette petite dame qui doit faire au moins ses soixante-quinze ans, après avoir démarré la conversation en grec bascula assez vite au français lorsqu’elle compris que je n’étais ni Parisien ni Japonais mais belge -- “et de quel côté de la frontière linguistique?” me demanda-t-elle -- m’expliqua qu’elle avait vécu avec son mari à Paris et Milan à l’époque de la dictature (1967-1974). Elle me raconta les trois périodes artistiques de Kostas, qui hélas mourut jeune (1931-1975), un an à peine après leur retour en Grèce, d’une crise cardiaque foudroyante -- d’après elle, le résultat d’un assassinat délibéré des sbires de l’ancien régime ayant voulu faire disparaître un opposant politique. “Très facile, dit-elle, verser le poison dans un café, un jus d’orange en terrasse”; d’autres personnes de retour d’exil étaient mortes soudainement à l’époque, des crises cardiaques, des accidents d’auto...
Que lui reprochait-on? Rien, l’ironie c’est qu’il ne se mêlait pas de politique, mais il avait “la langue bien pendue” -- il prétendait connaître un certain nombre de choses, “mais c’était juste pour se rendre intéressant”.
Voila ce que cette petite dame m’a raconté. Mort de vantardise?
Quoi qu’il en soit, Kostas nous a laissé une oeuvre en pierre, marbre, bronze, verre; en matériaux bruts, colorés; ni figuratif, ni abstrait, mais un mélange d’ancien et de moderne, qui parsème l’intérieur du musée, et surtout les beaux jardins aménagés sur les pentes de la colline qui dévale de la route vers la mer (voir aussi mon billet du 12 juillet) avec en prime un petit théâtre à l’antique reconstitué qui sert d’écrin à quelques sculptures, et je l’imagine, à des représentations privées de la geste des Atrides...
Sur le ferry-boat du steno, le passage étroit, saut de puce de cinq minutes de mer littéralement qui fait le pont de l’île de Salamine à Pahi, le port de pêche près de Mégare. Effectué l’aller-retour pour voir comment c’est de l’autre côté, sur l’île.
Et quelle île! Salamine! Allons! 
Guerres Médiques Episode Deux: 29 septembre 480 avant Jésus-Christ. Le puissant Xerxès, fils de Darius le Grand, satrape de toutes les satrapies, padisha de tous les shas, super empereur, bref, souverain Achéménide, “roi des rois” de nuées de peuples barbares, qui avait envahi la Grèce -- argh! -- rencontre son destin à Salamine sous la morphosis d’une méga bataille navale où les grecs lui mettent la raclée!

to be continued...

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