Rien de mieux à faire (V)


Ai-je vraiment conscience de vivre un parcours initiatique ?
Pas pleinement.
Pas encore, mais les signes s’accumulent, jour après jour. Les rencontres, les mots que j’entends, les sensations que je vis, une boucle d’actions et réactions qui me dépasse, je m’envole, mon âme se libère tout doucement. Vers le Paradis. Oui, le Paradis de Dante. Cette image puissante au début de l’Enfer ! (« Perdu au milieu du chemin de ma vie j’erre dans une forêt profonde, j’attends un guide » - je paraphrase). Vous la connaissez tous. C’est encore une de mes idées fixes.

Lorsque je ne serai plus il y aura profusion de symboles pour raconter qui je fus. Je les choisis moi-même avec soin de mon vivant, construisant mes tombeaux tel un Pharaon, la double couronne de Haute et Basse Egypte sur le front, du conscient et de l’inconscient. Superbe n’est-ce pas ? Tel qu’en moi-même l’éternité me change…
J’ai dit récemment - à qui ? J’ai oublié – j’ai dit ceci : « la grande affaire, c’est de vaincre la Mort ».

« Ne m’oublie pas » chante La Grande Sophie.
Je ne t’oublierai pas. Jamais. Tu le sais.
C’est la mort, quand tu disparais de la mémoire des vivants.
Non, je ne t’oublierai jamais, tu es entrée dans ma peau, je t’ai absorbée comme un papier buvard, ton sang, une encre qui crie « encore ! encore ! ».

J’ai découvert un très beau texte aujourd’hui grâce à la délicatesse d’une amie, une prophétie hopie : « A mes compagnons nageurs ». Allez voir. Je lui disais : « hier j’évoquais la noyade d’un de mes avatars au milieu d’une rivière, et aujourd’hui tu me proposes ce texte… » .
Dans les circonstances extrêmes de la vie, lorsque le pivot qui maintenait l’équilibre bascule, le hasard est aboli. Tous les événements convergent vers un but, une signification.
Quel est ce nouveau sens pour moi? Je l’ignore, la recherche commence.

(à suivre)


Moebius - Métamorphoses


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