Rien de mieux à faire


L’attente est propice au rien.
Pas un rien fait de rien du tout. Un rien rempli.

Un beau rien rond, tout plein, rond comme un ventre de femme enceinte, rond comme une orange. La rondeur est approximative. Regardez la Terre.

Vous arrivez dans une belle navette élancée, fine comme une aiguille, de la Pan American (nous sommes dans une version altérée de la réalité), vous arrivez peu être d’aussi loin que les anneaux de Saturne, ou la ceinture d’Astéroïdes, vous êtes peut-être un homme d’affaire de retour de Néo Los Angeles, la décadente colonie martienne, ou un agent secret qui a planté une bombe sur la face cachée de la Lune.

Zoomez.

Le rien est une forme en devenir. Une gestation. Cela commence par une plongée dans les nuages.

Vous avez fait une halte obligatoire dans l’immense roue crénelée qui orbite au point de Lagrange L1 entre Lune et Terre, la station internationale où vous avez été soigneusement décontaminé selon un protocole rigoureux établi après la grande alerte virale de la variété Andromède (peut-être ne vous en rappelez-vous pas, c’était avant votre naissance). Le taxi géostationnaire plonge vers la surface de la planète. La rentrée est un moment délicat, vous êtes une torche qui chute à travers la stratosphère. Les nuages ténus de très haute altitude. Vous n’avez pas le temps d’apercevoir à travers les flammes qui lèchent les hublots de votre taxi, les câbles de l’ascenseur spatial qui chargent le fret à destination des villes orbitales. L’humanité est en train de bouger « vers le haut ». La course à l’espace a recommencé, pour de bon.

Rien de mieux à faire qu’imaginer une scène de film de science-fiction.

Vu hier « Cloud Atlas ».

Dans l’attente, le rien se déploie à la rencontre de rien. Zen poésie. Retour de Simla. Départ pour Shaolin. Je pense à une jeune femme qui va partir en Chine dans les mois qui viennent pour un combat avec elle-même. Je pense à une autre jeune femme dont le cœur est pour toujours en Inde.

(à suivre)


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