Coeur ouvert II


Pour Véronique qui m’aide à retrouver le centre

Souffle.
Le chœur des femmes m’élève. Chant, une méthode ancestrale de guérison, l’appel à la beauté intérieure, à notre partie la plus haute, la plus belle, ce que j’entends, qui me relie aux rivières, aux lacs, aux torrents, aux fleuves, aux mers, aux océans, à l’éther. Chant.
Ouvrir la porte. Laisse entrer en toi le grand vent du large, tu ouvres la porte, tu vois la mer, tu entends le chœur des femmes, il t’élève, il m’enlève, élève-toi ma belle élève, l’étudiante de cœur du chœur des femmes, mon âme.
Elévation dans le chant, avec le chant vers l’éther, vers le souffle.
Anima & Animus

Peut-on guérir les plus grands cerveaux criminels par la parole seule ? Il semble que oui. Cela se passait dans l’aile psychiatrique d’une prison d’Hawaï il y a longtemps. Un médecin un peu psy un peu chaman en est revenu avec de bonnes idées.
Les mots peuvent guérir s’ils corrigent, rendent droite l’âme qui est comme ce bâton brisé d’apparence lorsqu’il est plongé dans l’eau, s’ils rétablissent la vision correcte, s’ils nettoient, rendent la clarté à l’intelligence du cœur encombrée des scories de toutes nos mémoires : filtres.
Filtres, épaisseurs subtiles qui retenez les poussières, mais aussi, filtres, colorations, déformations.
Quoi la vision correcte ? Quoi l’objet ou l’être dans sa nudité phénoménologique ? L’être-là de Heidegger ?
Peut-être.

Laisser entrer les mots portés par le chœur des femmes, il a traversé tout le Pacifique jusqu’à mes oreilles, le chant a voyagé jusqu’aux limites de l’exosphère terrestre, là où le chant se mêle aux particules du vent solaire et aux ondes de la magnétosphère. Ce qui s’appelle peut-être, oui, la sphère des idées, de l’intelligence, ce mélangeoir à la frontière des cieux d’en-haut et d’en bas, là où les pensées des humains circulent, et certaines finissent par retomber loin de leur lieu d’origine ? 
Créateurs de ce qui nous entoure, créatures d’énergie, pour les énergies qui font vibrer la matière, nos cellules, nos pensées, soixante-dix mille à quatre-vingt dix mille pensées par jour se forment dans notre cerveau machine. Peut-être bien plus, asymptote filante. D’énergie pure les pensées filent dans l’exosphère, reviennent, influencent le monde autour de nous et les pensées de autres.
Souffle, le chœur des femmes vibre, au delà du langage, au delà des corps et de leurs expressions, blessures, failles, le quelque chose qui te fait vibrer touche un autre cœur, et tu ressens, tu absorbes ces vagues d’émotions, ces trémolos d’aigus, ces pulsations de basse.
Musique.



Action.
Agir, bouger, se déplacer, mouvoir, se donner une forme, une morphe, une métamorphe, une boîte pour le changement. Pas celui des autres, pas possible de changer les autres, mais soi-même, peut-on se changer ? Question-clé de l’action.
Responsable de sa propre vie, responsables de ce que nous produisons.
Agir va faire bouger les choses dans l’éther.

Remodeler les énergies. Agir sur les conditionnements, les filtres, les mémoires, les mémé-moires, le moi et ses émoires, toutes les vies portées par les codes divers et avariés du génome, de l’expression phénotypique, de la ponctuation, des rythmes imposés à l’expression par l’ADN silencieux, faux silence, fossoyeur des codes d’autres espèces, d’autres lignées, d’ancêtres, mélangés à notre propre code, fraction minime de l’ensemble ; différenciation génétique entre deux êtres humains, quoi, moins d’un millième du code total ? Un pour cent déjà énorme, la singularité se niche dans d’infimes différences.
Agir pour remodeler les énergies, modifier son propre code génétique. Pour le bonheur, en vue du bonheur, seule, unique motivation universelle : trouver la paix intérieure, vivre sans jugement sur soi, sur les autres, des autres, vivre dans l’amour inconditionnel.
Clé de l’agir : accepter toutes nos parties, les belles, les moches, les salopes, les futées, les pourries, elle vont se transformer : accueillir, transformer, remercier.

Au final, le but c’est l’apaisement de l’Ego, puis l’abandon de l’Ego. Une croyance, en vaut bien une autre. Le pari de Pascal est toujours d’actualité, les mots ont changés, les croyances, mais le fond ? Entre croire et agir, le lien est noué. Existe-t-il une croyance ultime qui démolisse toutes les autres croyances ? Le discours de l’analyste (Lacan) est-il cet autre-là, ou juste un autre parmi beaucoup d’autres ?

Agir par l’efficace des croyances positives. Toute croyance est une prophétie auto-réalisatrice, autant faire le choix du côté lumineux de la force.


Notes prises au vol d'une conférence sur l'Ho'oponopono quelque part à l'intérieur du Grand Ring de Bruxelles, 3 juin 2013
Note pour le pré-projet romanesque "Ring"; le narrateur s'est arrêté pour écouter une conférence, il est surpris, bouleversé, par ce qu'il a entendu.
De retour dans sa voiture il médite sur cette nouvelle rencontre insolite, le Ring n'est-il pas lui aussi la métaphore d'une limite entre des zones ardentes de l'être?

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Cœur ouvert XI