Ring (pré-projet romanesque VII)


Journal : 8 juin préparation

Retour de Paris en Thalys à 23 :25 (marché de la poésie à Saint-Sulpice). Décision de rentrer en voiture par une longue boucle de nuit sur le Ring, tronçon Forest – Tervuren (depuis la bretelle d’accès 16 jusqu’à la sortie numéro 1), entre 23 :38 et 00 :02, vingt-quatre minutes à cent trente kilomètres à l’heure en décapotable. 12 degrés. Coup de vent qui réveille le sang. Relevé mental, constituer une liste d’éléments d’appui lors de la première journée de repérages dimanche 9 juin, en compagnie du co-pilote, observateur, échangeur d’idée.

Se munir d’un carnet noir et d’un crayon

Noter l’état dans lequel se trouvent le véhicule et ses passagers (toit ouvrant, état de propreté, état de santé général des humains)

Noter les heures de départ, d’arrivée et les lieux de passage lorsque des observations importantes sont relevées

Relever les différents aspects de la route : la météo, l’état de la circulation elle-même, fluidité et composition du trafic, nombre de bandes, vitesse moyenne

Relever les différents éléments de la géographie péri-urbaine : les échangeurs, les bretelles d’accès, les fusions de route, les séparations de route, les bas-côtés, la végétation, les rampes de sécurité, les ponts, les viaducs, les effondrements, les constructions, les inachèvements

Relever les éléments contingents ou accidentels du parcours, tels : accidents, avec ou sans mort de passagers, noter la présence de forces policières, d’ambulance, s’assurer de ne pas faire partie du carambolage, les feux signalant les travaux en cours, les signes lumineux, noter la couleur, la fréquence de balayage des signes

Relever les constructions ou les éléments du paysage qui ont une grande valeur documentaire, historique, esthétique : Lion de Waterloo sur la Butte, Centrale Thermique de Drogenbos, surtout la nuit toute illuminée de perles, long corridor de la Forêt de Soignes, Tour de la RTBF, arrivée et départs des avions depuis Zaventem

Relever les axes clés de communications qui entrent ou qui sortent du Ring, en commençant par les échappées vers l’extérieur, ceux qui portent aux lointains, à l’exotisme, à des espoirs d’une vie meilleure, vers la Mer, vers Anvers et ses Ports caraïbes, vers Paris et ses attraits, vers Liège et les confins orientaux, l’Allemagne des sombres forêts… poursuivre ensuite par les petites échappées, les promenades dans les communes situées juste à la périphérie du Ring, et que peut-on y faire ?

Relever les points d’entrée dans la ville, Bruxelles, les communes qui méritent le détour et que peut-on y faire ?

Relever avec la signalisation les passages entre les trois régions du pays (Bruxelles-Capitale, Flandre, Wallonie) : est-ce qu’il y a des ressentis différents ? Qu’est-ce qui change ?

S’intéresser à l’expérience sensorielle, émotionnelle, du conducteur et de son passager.

Si on roule toit fermé, vitres fermées, relevez le confort et l’inconfort d’utilisation de l’air conditionné s’il est requis, du bruit.
Pareil si on roule en décapotable, impression hier soir d’entendre des esprits siffler sur la route.

En somme décrire une expérience phénoménologique totale de ce qu’est le Ring en partant de l’hypothèse que c’est un environnement d’une grande banalité apparente, purement fonctionnel, où, sans la signalisation, le conducteur est dans une situation de désorientation, rien ne ressemblant plus à une autoroute qu’une autre autoroute. Une des questions de l’expérience consiste à identifier les sources possibles de familiarité, d’humanité, d’intimité dans un tel espace. Que sont-elles ? Sont-elles réductibles uniquement aux éléments majeurs du paysage naturel ou de l’architecture ? En somme, dans un monde futur sans voiture, le Ring pourrait-il devenir le nouvel endroit à la mode pour s’y promener en famille le dimanche ?

Accessoirement, si un conducteur abandonne son véhicule, que peut-il faire ?


Dans le tunnel des Quatre-Bras

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