Coeur ouvert V


Excalibur, pourquoi cela me revient?
Loyal Bon -- je jouais au paladin.
"Lawful Good", c'était mon alignement
avant de naviguer sur des mers
plus chaotiques
des mers plus diaboliques
mais toujours j'y revenais
vers le bien, la loyauté
en combinaisons diverses,
rarement "Evil",
sauf "Lawful Evil" que je testai
pour voir
pour sentir ;
alors j'hésitai,
était-ce la Loi
était-ce le Souverain Bien
qu'est-ce qui m'attirait vraiment?

"Mon Fils, viens vers le côté obscur
de la Force" dit le père sombre ;
peut-être y suis-je allé
pour voir
pour essayer
par curiosité
oui je crois y être allé
et maintenant?
here and now what are your
feelings?
peut-on se désaligner du mal
une fois goutté?
peut-on descendre vers l'humilité?
que veut l'orgueil du guerrier?
ni Bien ni Mal est-cela, une morale
des temps nouveaux
d'après la mort de Dieu?
est-ce la réponse d'Excalibur
pour nos temps tourmentés?

Guerrier de lumière
peut-être mais bardé d’armes
cuirasse, écu, épée à deux mains
terrible arme du paladin
force 18
charisme 17 ;
fallait du pot pour tirer ces dés
jets de dés vingt faces
jets de dés six faces
fallait lancer les clés
ouvrir les gateways du hasard
du bizarre
de l’étrange dieu qui nous habitait
d’un coup prenait possession de nous,
c’était puissant comme un alcool
sur des cerveaux frais
des imaginations à lire des cartes,
déplacer des figurines
lancer les dés dans le mouvement
ou la bataille ou juste pour contrer
le sort,
le mauvais sort
et on y restait souvent,
souvent je suis mort
c’était terrible l’expérience de la mort
de vos personnages
comme une perte quasi-réelle
d’un compagnon ou d’un morceau
de vous
c’était ça la magie dans laquelle
le jeu nous entrainait des heures,
des nuits,
des jours,
des cents et des mille si nous pouvions

Et Excalibur me revient
Que me vaut cet honneur ?
C’est mon côté romain
légionnaire
prétorien
qui s’est réveillé
là comme ça
au hasard d’une citation
d’une péroraison
d’une fulgurance d’image
car je suis Romain
et Celte
et Chevalier de la Table Ronde
et mes cris lancés au galop de ma monture
frappent mes ennemis de terreur,
j’irai quinze années servir l’empire
puis décider de ne plus revenir
rentrer dans mes foyers,
je resterai parmi les miens
les soldats du bivouac
les sœurs des amis
les filles des consuls,
je resterai combattre des fantômes
regarde, quinze siècles après
je suis encore là dans ta mémoire.
Mais où sont les miens ?
où vraiment partis,
attendent-ils au bord de l’Hadès
attendent-ils la barque de Charon
le buccin des légions,
dis-moi, dis-moi je veux savoir
dis-moi, dis-moi je veux savoir
pourquoi je suis parti servir l’empire
pourquoi j’ai failli mille fois mourir
pourquoi mon cœur s’est accroché
à ce lointain passé
à ce rideau déchiré

Excalibur tu leur diras :
racontes leur ma vérité,
épée de justice
tu m’aideras à
trancher
le socle de ma trahison
à déboulonner
la statue du commandeur
ma pierre de fixation,
mon obsession
aux miens tu leur diras
que je les aime
toujours
pour toujours,
et que de ta pointe
tu t’enfonces en moi
et m’ouvre le cœur.


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