Wemotaci II


La lumière entre dans la tente par la porte de l’est, mais la porte de l’ouest est fermée, c’est le noir ou le bleu profond qui habite la tente, qui la rend plus grande lorsque le porteur de feu ouvre la porte de l’est. Parfois une volute de chaleur, le thé ou l’eau, versés sur les pierres brulantes et la chaleur s’épand sur les corps pour la moisson des sueurs et des larmes, et c’est la tente toute entière qui fond comme un abricot sous le soleil d’automne.

La porte de l’ouest ouvre la route du voyage, au pays du silence, sous les arbres où les corps sèchent à l’air libre, ce chemin là est pour les ombres seules qui viennent te chercher lorsque toi-même ombre, dans ton ombre te confondra et partira. Dans la tente, la porte de l’ouest indique le pays de l’ouvert, du vent, des prairies, du ciel sans limite, de la mer peut-être, du fleuve surement que tes ancêtres découvrirent, mer dans une plus vaste mer.

Qui es-tu homme libre sous la tente pour clarifier tes démons dans les fumées de la sauge, qui es-tu sinon l’ouvert qui t’appelle du grand extérieur, du ciel sans visage, du ciel d’enfant, et du vent qui rit? Tu suis des yeux l’appel au vol des outardes et te voilà oiseau toi aussi devenu, dans la formation en pointe de flèche qui file au-dessus des forêts roussies par l’automne.

Le porteur de feu, les participants dans la tente, les esprits invoqués, l’appel de l’ouvert, tous les éléments de la cérémonie sont réunis. Ton voyage commence.

Merci à Philippe Huart pour les précieux commentaires...


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