Thursday, 10 October 2013

Dans le 11ème arrondissement (I)


Journal Parisien

9 octobre

Au “Plein Soleil”, Métro Parmentier, c’est dans le onzième, le fief de Belleville, mais oui, c’est ici qu’on s’était rencontrés pour une première discussion sérieuse avec O.

Les rue de Paris, les cafés, la presse, les gens, les Parisiennes, les bruits de la ville, odeurs, agitations, bruissements, vas et viens, quoi, mais les gens, toujours et partout, vie de la ville, une ville dont le cœur bat dans chaque rue, la même chose, je sens dans mes tripes cette ville dont le cœur bat depuis des années et des années dans mon cœur, cette ville, sauvage, on se heurte, on se bouscule, on se serre, on est à l’étroit, partout l’espace est compté, et j’aime ça, qu’est-ce que j’aime ça, humanité en marche, au repos, accrochée à son portable, nerveuse, il faut aller vite, vite, mais aussi, terrasses de cafés, bondées, on se serre encore un peu plus, faire de la place pour le naufragé urbain, voyez comme tout le monde se serre par solidarité, pour le nouveau, l’inconnu, le voisin de ville, les visages m’accueillent, rapides regards, il faut faire vite, on se serre, il y a des humeurs, des parfums dans l’air, des regards qui accrochent, qui décrochent, des échanges, parfois des sourires, rares, mais alors, quel bonheur, car c’est ainsi que ce passe la vie ici, dans la friction des corps, des regards, des nez, des oreilles, dans l’échange rapide, corpusculaire, d’atomes de beauté, de phéromones d’attractions réciproques à peine nées que consumées, comment retenir le flux, s’immerger dans le flux. Paris, le flux. Paris, le chaos. Paris, je t’aime.

Vais-je manquer de cette force vitale dans le Nouveau Monde ?


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