Morceau d'écorce


J’aime l’écorce de bouleau blanc qui sert à fabriquer des canoës, et sur lequel, comme sur une peau, j’ai envie d’écrire,

parce que tu avais ramassé ce bout d’écorce et l’avais mit devant tes yeux, tu portais un masque qui te ressemblait, qui te collait comme l’écorce à l’arbre, toi qui étais partie à la recherche de tes racines, toi qui rêvais de l’époque où nous parlions le langage des arbres, cette langue feuillue qu’avec effort, persévérance, tu t’étais mise à étudier, pour laquelle tu avais quitté ta famille si conventionnelle, pour laquelle tu étais partie dans l’Ouest de tes ancêtres, d’où tu revenais, ton sourire de faune, tes yeux rieurs, ton enthousiasme si communicatif,

qu’il me donne moi aussi l’envie de partir dans les Prairies, de m’extraire de ma coquille, d’aspirer le ciel immense, le ciel bleu, si immense qui est comme l’océan au-dessus des Prairies de l’Alberta, du Saskatchewan,

de ces pays qu’un jour je parcourrais

car le ciel est ma peau

je suis vivant sous le ciel

le ciel est vivant

Living under a living sky.

Saskatchewan, Canada

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Proposition en atelier d’écriture, Bruxelles, 6 octobre. Variation sur la "Liste de Roland Barthes": rédiger une liste de "J'aime... J'aime pas...". Sélectionner un élément, développer.

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