Retour à Byzance (archive: 14 jan. 1998)

  Et le feu consuma plus de maisons qu'il ne s'en trouvent réunies dans les trois plus grandes villes du royaume de France...

  Du haut de l’hippodrome, C. assistait à l’incendie de Constantinople. Bientôt les Francs, ceux qui se faisaient appeler « croisés » mettraient la ville à sac pendant trois jours et trois nuits. Le regard perdu dans l’immensité du ciel éclairé par le brasier qui bondissait de maison en maison, C. se reporta quelques jours en arrière... En compagnie du chevalier Robert de Clari, il avait assisté aux derniers jeux qui se tiendraient jamais dans l’enceinte de l’hippodrome.

 « Votre vie est organisée autour de ces jeux, ai-je ouï dire mon Père ...
-       Cela est fortement exagéré, chevalier. Les factions de Bleus et de Verts ne se disputent plus que symboliquement autour des courses de chevaux.
-       … »

 Et celui qui se faisait appeler Grand Logothète, se jeta dans la mer du haut du Palais des Blachernes...
  
  Un immortel qui est né sous le règne de l’empereur Héraklius, le premier Basileus, traverse les siècles et assiste impuissant au sac de Constantinople par les croisé en l’an 1204... Seul un objet de haute valeur magique et symbolique, le Voile de la Vierge, pouvait encore sauver la ville, mais ... l’impiété grandisssante et les excès du pouvoir en décidèrent autrement. Un siècle après les Comnnènes qui firent briller de mille feux les derniers brandons de la civilisation byzantine, la ruine provoquée par l’invasion barbare aurait définitivement raison de tout un âge d’or et de pourpre...


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Le thème du déclin irréversible de l'Empire Byzantin à partir de la Quatrième Croisade, avait fortement marqué mes esprits lorsque je plongeai pour la première fois dans l'histoire de cette partie méconnue en Occident, de notre héritage européen commun. Je me disais qu'il fallait comprendre ce qu'était cette moitié d'histoire du continent étalée sur mille ans, et je n'y arrivais pas, les noms des empereurs, leurs lignées, les changements de frontière, tout cela était trop compliqué, alors j'optai pour une compréhension plus fine de certaines périodes charnières. Cet empire paraissait suffisamment exotique pour inspirer des scénarios de jeux de rôles, et c'est par ce biais, celui d'une campagne de jeu centrée sur une Quatrième Croisade de fantaisie que j'entrai dans le sujet. Parmi les croisés "barbares" qui avaient envahi l'illustre capitale, se trouvait un groupe de nains allemands remarquablement interprétés par un des maîtres du jeu qui m'avait prêté assistance lors d'une partie de jeu. Cela se passait dans un sous-sol d'une maison avenue de Floréal à Bruxelles que nous utilisions le samedi soir. Toute la bande des "Dieux Drôles" s'y retrouvait. Nous étions au milieu des années quatre-vingt. C'était le bon temps des batailles, des sorts, des quêtes d'objets magiques, bien avant Harry Potter, ou les jeux interactifs sur Internet, c'était à une époque où des gens se réunissaient autour d'une table pour une soirée, une nuit entière, pour y jouer.

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