Tuesday, 4 March 2014

Les livres de mon enfance (I)

Carnet du 22 février 2014

Votre liste des dix livres qui ont éveillés votre conscience (lectures d’enfance, d’adolescence, de jeune adulte)

Bob Morane (Henri Vernes)
Le petit chose (Alphonse Daudet)
Le procès (Franz Kafka)
Vol de nuit (Antoine de St-Exupéry)
Le désert des Tartares (Dino Buzzati)
Histoires extraordinaires (Edgar Allan Poe)
Le loup des steppes (Hermann Hesse)
Salammbô (Gustave Flaubert)
Notre-Dame de Paris (Victor Hugo)
Le Père Goriot (Honoré de Balzac)

Update : 4 mars
L’oreille interne (Robert Silverberg)
Orages d'acier (Ernst Jünger)


"L'Ombre Jaune", quel cycle! Tous lus et relus entre ma dixième et vingtième année (et je pense, par ailleurs, tous les Bob Morane du numéro un à cent). Ce diabolique Monsieur Ming excita bel et bien mon imagination de gamin. J'étais souvent déçu de voir ses plans pour devenir maître du monde compromis dans les cinq dernières minutes par Bob Morane et son faire-valoir, Bill Ballantine.  Mais j'espérais son retour! Et son intelligence supérieure qui allait concocter des plans encore plus machiavéliques pour arriver à la domination absolue. Avec le recul, je réalise à quel point Henri Vernes a superbement recyclé toutes les idées qui traînaient à son époque dans la littérature de science-fiction, de fantastique ou de fantasy, pour les mettre aux services des Desseins du Maître au sourire sinistre. Chapeau bas Henri.


La lecture scolaire typique de sixième secondaire (1ère année de collège). A douze ans, je lis mon premier "Livre de Poche", et c'était celui-là dans cette couverture désuète que je n'ai pas encore réussi à retrouver chez les bouquinistes (car il me faut absolument reconstituer la "bibliothèque originaire"). J'attends de le retrouver et de le relire. Je garde un souvenir assez horrible de la triste vie solitaire de ce pauvre pion de collège. J'espérais de tout coeur ne pas lui ressembler plus tard! Ce livre m'éveilla à la dureté de la vie. Que cela semblait pénible de grandir et quitter l'enfance. Je crois que j'ai attrapé la mélancolie après la lecture du "Petit Chose". Et il m'en est resté quelque chose.



"On avait sûrement calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin." L'incipit du Procès de Kafka figure en bonne place parmi les entrées en matière les plus horribles que j'ai lues de ma vie. L'angoisse totale lorsque je commençai à lire ce livre maléfique, de la première à la dernière ligne où le pauvre K. va à la mort sans avoir compris ce qui lui arrive. Je devais avoir quinze ou seize ans lorsque je découvris ce livre, suite à une discussion avec mon prof de Français, l'écrivain Gaston Compère qui était féru de littérature allemande. Bien qu'inachevé comme tous les romans de Kafka, l'histoire se poursuivait dans ma tête inlassablement. Et puis, il y eut le film d'Orson Wells auquel je ne compris rien, m'endormis en le regardant. Je relus le livre des années plus tard. J'ai retrouvé cette vieille édition en Poche (l'illustration abstraite de la couverture me parait toujours très pertinente), mais n'ose pas encore m'y replonger. J'ai lu tout Kafka, sauf sa correspondance. C'est un de mes plus grands auteurs. Il a éveillé ma conscience à l'absurde et l'arbitraire du pouvoir (souvent la même chose), à la nature pathologique de la bureaucratie, il a nourri ma conscience politique sur les méfaits des systèmes totalitaires (mais je ne devais découvrir la littérature proprement politique que plus tard). Alors oui. Kafka? Un grand auteur politique du XXè siècle!



(to be continued)


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