Le Bhârking I - Le Livre de la Grande Pureté (archives: 1996)


Le Bhârking est le livre sacré du Bhârisme ousmaniste. 

Tout prêtre ou fidèle lettré en possède un exemplaire. Il est composé de deux parties: le Livre de la Grande Pureté et les Conversations d'Ousmane. Le Livre de la Grande Pureté regroupe une série de poèmes mystiques ésotériques karaturiens. Renfermant une sagesse ancestrale, ils restent un thème favori de méditations pour tous les prêtres et fidèles, quoique leur sens dernier ne soit accessible qu'au prix d'une vie entière vouée à la méditation. Les Conversations d'Ousmane sont une suite de dialogues mettant en scène Ousmane et différents interlocuteurs qui le question­nent. A tra­vers les réponses d'Ousmane apparaissent peu à peu les concepts qui fondent l'Ousmanisme. Il est certain que cette partie est postérieure à Ousmane lui‑même et qu'elle a été retranscrite par les premiers de ses fidèles après son départ de Quendinesti il y a presque mille ans. Il est probable que le Livre de la Grande Pureté est le seul qu'Ousmane ait apporté avec lui de Kara­tur.

Extraits du Livre de la Grande Pureté

Celui qui tient un bol plein d'eau ne vaut pas celui qui y renonce.
L'épée qu'on martèle et aiguise ne peut pas conserver longtemps son tranchant.
Le livre qui ne peut être oublié ne vaut pas la peine être lu.
Une salle remplie d'or et de jade ne peut être gardée par personne.
Qui se gonfle de sa richesse et de ses hon­neurs s'attire la catastrophe.

L'oeuvre une fois accomplie, retire‑toi: telle est la loi du ciel.

N'honore point les hommes sages, pour que le peuple ne dispute pas.
N'estime pas les biens d'acquisition diffi­cile pour que le peuple ne les vole pas.
N'exhibe point ce qui porte à l'envie pour que sa conscience ne soit pas troublée.

Le gouvernement du saint  consiste à faire table rase de l'esprit du peuple, à remplir son ventre, à affaiblir son ambition,
à fortifier ses os.

Le maître suprême est celui dont le peuple connaît l'existence.
Ensuite vient celui que le peuple aime et loue.
Puis celui qu'il redoute.
Enfin celui qu'il méprise.
Il n'y a rien qui ne soit gouverné.

Tout le monde sait que la beauté est belle.
Voilà ce qui fait sa laideur.
Tout le monde sait que le bien est bien.
Voilà ce qui fait son imperfection.

Sa face supérieure n'est pas illuminée, sa face inférieure n'est pas obscure.
Perpétuel, il ne peut être nommé, ainsi il appartient au royaume
des sans-choses.
L'accueillant, on ne voit pas sa tête, le suivant, on ne voit pas son dos.
Là où Bhâr est en ruine là se présente la justice humaine.
Là où l'intelligence éclairante surgit, là se présente le grand artifice.
Là où la famille du prince est dans la nuit et le désordre, là se présentent les minis­tres fidèles.

Qui va vers Bhâr est accueilli par Bhâr.
Qui va vers la vertu est accueilli par la vertu.
Qui va vers la perte est accueilli par la perte.

L'homme imite la terre.
La terre imite le ciel.
Le ciel imite Bhâr.
Bhâr n'a d'autre modèle que soi-même.

Connais le blanc, adhère au noir.
Sois la norme du monde.
Retourne à l'état de ce qui n'a pas de li­mite.

Qui est mort sans être disparu atteint l'immortalité.

Tous les êtres sont nés de Bhâr sans qu'il en soit l'auteur.
Il accomplit ses oeuvres mais il ne se les approprie pas.

Qui veut réduire quelqu'un doit d'abord le grandir.
Qui veut éliminer quelqu'un doit d'abord l'exalter.
Qui veut supplanter quelqu'un doit d'abord lui faire des concessions.
C'est là ce qu'on appelle "camoufler la lumière".

Bhâr engendre Un.
Un engendre Deux.
Deux engendre Trois.
Trois engendre tous les êtres.
Tout être porte sur son dos l'obscurité et serre dans ses bras la lumière, le souffle indifférencié constitue son harmonie.
Celui qui continue son étude augmente de jour en jour.
Celui qui pratique selon Bhâr diminue de jour en jour.

Sortir, c'est vivre; entrer, c'est mourir.

Connaître, c'est ne pas connaître; voilà l'excellence.
Ne pas connaître, c'est connaître; voilà l'erreur.

Le peuple méprise la mort parce qu'il fait trop d'efforts pour vivre.

Seul celui qui n'agit pas trop pour la vie est capable d'apprécier la vie.


Carte de Shou-Lung, établie par le voyageur et géographe Ibn-Al-Bâttubhi-Ben-Elizéar, au septième siècle A.T., reprise dans "Mes Pérégrinations dans les Royaumes Orientaux de Kara-Tur, en compagnie de Messer Marco Fausto dit 'Il Milione' et de Fra Borges Angelico dit 'La Paume', avec les récits des événements fantastiques desquels il furent témoins et des non moins incroyables aventures auxquelles il furent mêlés"  (édition scientifique publiée par les Archives Militaires de l'Académie Royale Arcelloise, 821 A.T., sous la direction du Baron Joachim de N'Rekkuritz) - courtesy: TSR, Inc. 1988 "Kara-Tur the Eastern Realms"


Note: le Bhârking est une création originale de Christo Datso et de Henry Krutzen tirée du cycle "Le Roman d'Arc" (Editions Bruocsella, 1996), campagne de jeu de rôle conduite de mai 1987 à 1993, publiée en mai 1996 (tirage limité).

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