Journal du Québec, jours 2 à 9 (5 -13 octobre 2014)

(Pour le Jour 1, consulter ce lien)

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Chez Jean-Louis et Lily. Merci à vous.
Dans la chambre d'amis, qui est aussi le bureau du Maitre en Futurs possibles... le climat dites-vous? En voici un échantillon avec ces "Marées à venir", un recueil des nouvelles de Jean-Louis sur les changements climatiques.

Nous allons faire un tour en Charlevoix, dans le cratère de l'ancienne météorite... Quelques instantanés d'une promenade à l'est de Québec.

L'église Sainte-Anne de Beaupré, à la sortie de ville de Québec : un des trois grands pèlerinages catholiques de la province, impressionnant témoin de la foi d'un siècle religieux.

Le village de Baie-St-Paul : le "Barbizon" ou le "Pont-Aven" québécois, lieu de rencontre de peintres et d'un paysage magnifié par les couleurs changeantes du ciel, du fleuve et de la végétation. Nous y faisons la connaissance d’un auteur très spécial, Gino Lévesque qui propose aux passants son roman à contrainte « Je ne le répèterai pas » (roman oulipien assez extraordinaire dans lequel aucun mot – substantif, adjectif, adverbe, verbe – y compris dans ses formes conjugués – n’est répété deux fois, un tour de force qui me fait dire « oh! Un oulipien québécois, le Pérec du coin »). Nous sympathisons, le temps d’acheter le bouquin. Cia Gino.

Le pays du fleuve, le St-Laurent sans lequel ce pays ne serait pas ce qu'il est, plus vaste que le cœur des hommes. Des rencontres. Le Québec est le pays des hommes, ça m’est venu comme ça.

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Ça devient une tradition: un lunch a Québec une fois l'an avec Danièle O. (rue St-Jean). Mon ancien collègue à la banque « A » (oh ! la salle des marchés, oh ! Sophis, soupirs et tremblements, oh ! C++) ; nous sommes en public, je reste discret. Nous discutons méthodologie, Scrum (la mêlée en rugby), de l'importance de l'architecture logicielle et des nécessités de la cyber-sécurité. Comme l’entreprise dans laquelle je travaille passe en Scrum/SAFe j’en profite pour capter quelques retours d’expérience. Ciao Danièle.

Rémi Ferland, maître es littérature québécoise ancienne, éditeur, passionné d’Americana avec son épouse, Louise: merci à vous deux pour l'accueil, la balade en Mercury Monterey 1957, la visite du Cap Rouge, et une discussion échevelée sur l'identité des Canadiens français, Québécois, « Canayens ». Que faut-il dire pour ne froisser personne ici, pour être « juste » ? Je décide de mieux m’informer. Dont livres.

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... et ça commence une fois de plus avec un bouquin. Celui-ci est particulier. A l'époque où je lisais beaucoup de science-fiction, entre les années 1980-2000, j'avais trouvé celui-ci chez un libraire spécialisé de Bruxelles (qui a fermé il y a trois ans, la librairie "Malpertuis", pour ceux qui s'en souviennent: Marc Bailly, Annie Pilloy, Marc Van Buggenhout, Jean-Claude Dunyach aussi lors de ses passages à Bruxelles). "Escale sur Solaris" est une anthologie de nouvelles publiées dans la revue de science-fiction québécoise Solaris. Ce beau titre ne vous invite-t-il pas d'emblée à une plongée franco dans l'imaginaire? Je fréquentais aussi pas mal d'auteurs et d'amateurs de science-fiction francophone québécoise (SFFQ) à l'époque, via la liste de distribution électronique (forum de discussion, mailing list) SFFranco, qui avait été lancée en 1993 par Jean-Louis Trudel (il la maintient toujours, courageusement, je crois qu'il a droit à tous nos remerciements chaleureux); avant l'arrivée des réseaux sociaux c'était une plate-forme d'échange et de partage d'informations qui a très bien fonctionné. Grâce à cette liste j'ai finis par rencontrer Jean-Louis dans la vraie vie, mais aussi Yann Minh, Élisabeth Vonarburg... Bref, "Escales sur Solaris" avait disparu de ma bibliothèque suite à l'une des cures d'amaigrissement que je devais bien lui imposer de temps à autre. Jean-Louis en a retrouvé un exemplaire d'auteur qui trainait dans le fond d'un carton.
... Un texte en particulier avait retenu mon attention, et ne fut-ce que pour celui-là, je suis heureux d'avoir pu retrouver le livre. Il s'agit de l'extraordinaire nouvelle d'Alain Bergeron "Le huitième registre" qui est une uchronie se passant au Québec dans un monde où l'empire byzantin a survécu et a établi une colonie dans la province de Galactée au nord du Nouveau Monde au début du vingtième siècle. Un tel mélange de registres historiques (pour ne pas dire plus au niveau du texte lui-même qui joue sur plusieurs "claviers" d'orgue), la transposition de l'univers gréco-oriental de Constantinople dans les solitudes glacées du Québec, m'avait enchanté et fait dire à l'époque que la SFFQ était la branche la plus créative, la plus originale de la SFF, voire une des pousses les plus vives de toute la SF. C'est dire que ce texte avait de l'importance!
Passez-donc le message à Alain Bergeron. Jean-Louis m'informe que je vais le manquer à quelques jours près. Alain a commis également une suite à cette nouvelle dans un des numéros de la revue Solaris. Je suis preneur.

Nous partons le matin pour Montréal. Je dépose Jean-Louis à l’UQUAM. Il part ensuite sur Ottawa pour y donner cours. Grosse averse de grêlons en arrivant sur l’île de Montréal dans les quartiers industriels. Le beau temps arrive vite après. Et ça donne des couleurs à promener l’iPhone sur les murs et dans les rues. Mon logement – toujours trouvé via AirBnb, est dans le quartier d'Outremont. C'est très beau par ici. Il y a plein de juifs hassidiques. (Rentré à Bruxelles après, je découvre qu’AirBnB est moins connu de ce côté-ci de l’Atlantique ; pourtant le système est excellent, fiable, c’est un des nouveaux « business models » disruptifs dont « les speakers qui ont des idées plein la tête » parlent dans les conférences, et ça permet de faire le plein de connaissances).

Nice evening with Laurence, Richard and the kids at La Prairie.

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La journée du voyageur de commerce.
Premier rapport du voyageur: « Maelström LaBoutique, tous tes livres de l'année passée sont vendus chez Librairie Le port de tête. Je te ramènerai des piastres.
Ce soir je passerai chez Librairie Olivieri, nous verrons si la vente a été aussi bonne. »
Entre les deux, je vais m'offrir une journée tranquille sur Mont-Royal à lire, écrire, flâner.

Je reprends ma casquette des MdC pour ces premières pages 'officielles' du journal de voyage. A ce stade tu ne liras pas encore grand-chose sur le Canada. Mais tu peux y consacrer un peu de temps à me lire.

Le soir, je poste un curieux message (apparemment le rapport suivant du voyageur de commerce a mal tourné):

Alors, là, vois-tu Maelström LaBoutique, le voyageur de commerce m'enjoint de te dire, que la pêche aux piastres était très maigre chez Librairie Olivieri, peut-être parce que les badauds doivent remonter la Côte-des-Neiges prise dans les glaces dix mois sur douze, sur les hauteurs du Mont-Réel, tu saisis, et donc, plutôt que de te ramener quelques misérables piécettes, en accord avec le marchand de la boutique, je laisse encore en dépôt le trésor des poïètes de l'Ancien Continent (englouti dans le Maelström géant de la fin des temps), pour douze mois supplémentaires. J'espère que cela t'agrée, je reviendrai donc dans un an traîner mes raquettes de neige par ici et te faire rapport d'honnête commerce. En ce huitième jour du mois de la Rousseur des Feuillus, de l'an neuvième du Fiestival de St-David, ton serviteur, Christo le métamorphique, du Monastère de Mont-Boréal.
Salut!
PS - je t'envoie une icône de l'Oratoire de St-Joseph sur la Côte-des-Neiges. Prions pour les poètes.

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Le voyageur se lève tôt, va prendre son char, faire la route pour un court voyage d'une journée à Ottawa, la capitale du Canada, où il ira visiter un des musées fédéraux et retrouver des amis au marché bio, très réputé, de la ville.
Peut-être verra-t-il Barak Obama himself, qui fait régulièrement ses emplettes au marché bio d'Ottawa. Si c'est le cas, le voyageur ne manquera pas de glisser un bon mot à l'oreille du Président.

L’année dernière je m’étais promené autour du musée canadien de l’armée avec Jude L., cette année, j’y entre :

Interesting museum, a few shots from the displays; the last picture is a fascinating simulation of WWIII between NATO and the Warsaw Pact, to be fair there are two of them, where each one wins, although as told me a museum volunteer, veteran from the Canadian Armed Forces, in truth, if there had ever been such a war, the nukes would have been inevitable and in such likelihood, nobody wins.

J’avais prévu de prendre un café avec Jude à la sortie du musée, elle n’a pas pu venir, c’est dommage, elle traine une maladie auto-immune qui l’affaiblit beaucoup à certains moments. Nous nous sommes parlés quelques minutes au téléphone, j’espère la revoir.  Next year, yes, next year we said.

Une journée des plus intéressantes qui s'achève. OTTAWA.

Ottawa et son musée de l'armée: tant pour le contenu, que pour le contenant, un bâtiment très singulier, bunker des sables ou vaisseau spatial englouti sur les berges de la rivière des Ottawa (des Outaouais en français); son marché de By Ward, avec les fameuses "Obama cookies" (soyons honnêtes, le Président est venu une fois ici en 2009, c’est un événement dans l’histoire locale);

… son musée d'Art Moderne (vu de l'extérieur) avec la terrifiante sculpture "Maman", de Louise Bourgeois (que j'avais vue à la Tate Modern à Londres en 2008);

… son complexe de bâtiments administratifs hétéroclites: château néo-gothique du Parlement (château Harry Potter serait plus exact), l'ambassade des USA, nouvelle version, moins menaçante que l'ancienne qui était en face du Parlement du Canada (en grand frère);

… son bar "Zaphod" (si j'ai bien retenu), Jean-Louis signalait (oui, entretemps JL était là par enchantement ou translation), que c'était une allusion au livre "The Hitchiker's Guide to the Galaxy" de Douglas Adams - d'après les petites madame et les drôles de messieurs qui se trémoussaient à l'entrée, j'aurais pas d'emblée penser à de la science-fiction, même humoristique - mais on trouve de tout sur les planètes;

.. bref, Ottawa qui ne s'épuise pas comme ça en un claquement de doigt, j'y étais déjà allé mais je n'en avais pas beaucoup profité car j'étais là pour un travail.

En rentrant sur Montréal je me suis un peu égaré dans les quartiers résidentiels le long du canal Rideau, l'ensemble est très beau;

… il y a un parallèle évident entre Québec (la ville) et Ottawa: ce sont deux capitales -- Québec a été longtemps capitale de l'ancien Canada, jusqu'en 1867 et l'établissement de la Confédération du Canada, (Québec conserve par ailleurs son titre de capitale administrative de la Province du Québec); Ottawa devenue capitale fédérale depuis 1867 a remplacé Québec à ce titre envié de centre politique du pays (grâce semble-t-il à la "trahison" des Montréalais), mais l'une comme l'autre, l'une et l'autre, très provinciales par ailleurs, et c'est cela qui les caractérise, une nonchalance, une qualité de l'air -- un air d'élève de bonne famille, bien éduqué -- contrairement à leurs grandes rivales, les métropoles bouillonnantes, explosives, multiculturelles, multi-ethniques, et centres économiques du Canada, à savoir Montréal et Toronto, villes dominatrices, villes-mondiales qui n’ont pas besoin de la « province » (pensent-elles dans leur orgueil), celles qui construisent tout un pays par le travail, la production, la créativité… Cette année, j’ai plutôt la fibre provinciale.

En fin de journée, souper avec Sylvie C. et discussion passionnante sur les différentes facettes de l'identité ; et je reprends avec elle le débat que j’avais entamé avec Rémi et Louise : Canadiens vs "Canadiens Français" vs Québécois. Qu'est-ce qu'un Québécois? Qu'est-ce qu'un Canadien Français? (Note : ce dernier terme tombé en désuétude, est fortement dévalorisé car jugé péjoratif par certains Québécois – je m’en suis rendu compte à mes dépens, moi qui pensait plutôt leur faire plaisir). Qu'est-ce qu'un "pur laine"? (ça veut dire un descendant des quelques centaines – ou milliers ? - de famille souches, pas beaucoup : il suffit d’être attentif aux patronymes, on en fait des livres de généalogie).

Qu'est-ce qu'un immigrant au Québec aujourd'hui? La culture québécoise est-elle exportable dans d'autres pays de la francophonie? Mais c'est quoi la langue québécoise au juste? La culture québécoise est-elle supérieure à la somme des parties d'une langue (accents, vocabulaire, expressions populaires)? Cette discussion avec Sylvie a résumé bien des propos que j'ai eu pendant la semaine sur ces sujets, ou des sujets apparentés, avec Jean-Louis, Lily, Rémi, Louise, Richard, Laurence... Je pourrais organiser un "colloque" la prochaine fois, il y aurait de beaux échanges...

En complément des messages que j’ai consacrés hier à Ottawa, j’ai trouvé sur le net une belle photo du Canadian War Museum, qui permet de bien se rendre compte de la conception du bâtiment ; situé en bord de rivière dans un site qui mélange nature et archéo-futurisme (pardonnez cet oxymore), cet lieu vaut au moins la peine de s'y promener quand on est de passage à Ottawa.


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La vie sur le Plateau à Montréal. En quelques minutes, rencontres avec Nancy R. Lange et Moe Clark; où l'on parle de poésie, de spectacles, de jardiniers nomades; et du festival de poésie de Trois-Rivières qui se déroule en ce moment (dommage, je n'aurai pas l'occasion d'y aller cette fois-ci).

Voici donc le deuxième album de Moe Clark, "Within", qui vient d'être lancé. Comme demandé, j'en ramène quelques exemplaires pour Maelström LaBoutique et des amis de là-bas et d'ici.

Soirée passée avec Moe donc, en compagnie d'amis à elle, deux cousins Atikamekw de Manawan, une Wendat de Montréal, une Nahuatl du Mexique... belle panoplie de peuples autochtones...

J'ai goûté à deux spécialités culinaires remarquables: de la viande de caribou (en ragoût et en filet) fraichement chassé, et de la soupe préparée avec un poisson d'eau douce, le grand corégone, qui dans la langue Atikamekw s'appelle ... atikamekw. "Atikamekw" veut donc dire "poisson blanc", et ce peuple de la famille Algonquin, serait celui du poisson, par association, des rivières et des lacs de leur région, la Mauricie.

Quelques notes prises au vol de la conversation avec Moe en avant-soirée: apprendre une langue, c'est la faire habiter dans son corps, faire le lien entre la voix et la mémoire. Moe décompose le verbe anglais "to remember", (se souvenir), en re-member: le retour, ou la répétition, de l'appartenance à une communauté. Se souvenir c'est revenir à la communauté, réactualiser le lien d'appartenance. La langue, est dans notre corps, ce qui incarne le lien à la communauté, ce lien est physique avant d'être intellectuel ou émotionnel, il se forge à travers la voix, son organe privilégié, et le chant, son expression la plus aboutie.
Moins drôle, la conversation roule sur le scandale des pollutions et des contaminations consécutives à l'exploitation des schistes bitumineux dans l'Ouest Canadien (tar sands), l'augmentation en flèche des cancers parmi les autochtones dont les territoires sont exploités sans vergogne, le discours fondamentaliste et sans état d'âme sur ces questions, de Stephen Harper, premier ministre néo-conservateur du Canada.


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Sur le Lac des Deux Montagnes, moment de plénitude sur le traversier entre Oka et Hudson en compagnie de Sylvie. Il fait beau et chaud, je prends quelques photos qui réchauffent pour Martine qui grelotte à Bruxelles.

Entre Oka et Hudson, c'est un peu la même histoire sociale qui s'observe comme ailleurs au Québec, français d'un côté, anglais de l'autre.

Sur la route d'Oka vers la Pointe des Anglais (justement), passage par la réserve Mohawks de Kanesatake, et ça, c'est une autre histoire sociale et ethnique qui surgit et s'enfonce en coin entre colonisateurs européens quels qu'ils soient. Pour survivre dans cette réserve, les autochtones se font vendeurs de cigarettes (sans taxes), je n'ai pas pris de photos finalement, ça me semblait trop miteux comme geste.

A Montréal, je pointe le bout du nez à l'Amère à Boire ou Jean-Louis était de passage pour une publication d’un zine local (on ne se quitte plus), mais l'endroit était trop bruyant, je me suis éclipsé, ait flâné sur St-Denis, en ai encore ramené un bouquin, dans la collection "La Vie Quotidienne", lecture qui va compléter, être complémentaire de celle du Léandre Bergeron en cours, dont le "Petit manuel d'histoire du Québec" (1970), souvent outrancier, me laisse plus d'une fois pantois (perspective marxiste sur l'histoire du Québec du point de vue de la colonisation, de l'exploitation - des autochtones, des petits blancs, des "Canayens", des québécois).
Cela dit, le livre de Léandre Bergeron a fortement marqué la conscience qu'ont les Québécois d'eux-mêmes (j’en sais maintenant quelque chose de leur problématique identitaire); il participe de ce mouvement souverainiste qui a semble-t-il atteint ses limites. Mais peut-être que la véritable souveraineté populaire est celle qui n'a plus besoin des attributs régaliens d'un état-nation indépendant; du moins, c'est peut-être une des directions dans lesquelles évolue l'affirmation réconciliée de l'identité québécoise.

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Le Jour de l'Action de Grâce au Canada (Thanksgiving Day) est un congé légal qui tombe le second lundi d'octobre (aux Etats-Unis c'est le quatrième jeudi de novembre). Ce dimanche, les marchés vont déborder: dindes plantureuses, massifs orangés de citrouilles, rouges rivières de canneberges... J'irai faire un tour au marché couvert d'Atwater, dans le sud-ouest de Montréal, à côté du canal Lachine. J'aime cette fête, mais demain je serai rentré; l'an prochain il me plairait de la célébrer avec des amis ici.

L’après-midi se traîne, je passe sur St-Laurent, avale une soupe à la Panthère Verte où j’ai loupé Chandal de peu. Je n’aime pas les retours. Personne n’aime ça. Aéroport. Vol de nuit…

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De retour à la maison.
Et retour au bureau aussi cet après-midi.
Je suis content d'être rentré.

Coup de bambou. Mon corps se demande qu'elle heure il est.

J’admire la boîte des livres ramenés de Montréal. Ma petite bibliothèque canadienne (française, anglaise) et québécoise ... (Histoire, poésie, essais, littérature, science-fiction).

A la douane ce matin, un homme seul, fatigué pousse un chariot chargé de trois valises ; voilà qui est singulier se demande une douanière zélée. "Par ici M'sieur. Źavez rien à déclarer? Vous v´nez d'où? Ouvrez c'te valise, et celle-là. C'est quoi?
- des livres, je réponds (il y avait aussi des boîtes de sirop d'érable)
- ok, c'est bon, circulez.
Singulier se dit-elle, vraiment, quel curieux voyageur.
Il m'en a coûté 325$ en bagages surnuméraires à l'embarquement, mais ça vaut la peine.
Le voyage se poursuivra donc ici aussi.
Oui, ça vaut la peine de voyager pour de bon, et en chambre, et ma vie est forcément un voyage, avec ceux que j'aime, de près, de loin.
Bonne fête d'Actions de Grâces / Thanksgiving day pour vous amis canadiens, là-bas ! Profitez-en bien! Il fait beau sur le Québec aujourd'hui.

FIN DU JOURNAL
(Revu avec quelques corrections à Bruxelles, ce 27 novembre).


J'ai fait ce voyage notamment pour les couleurs de la saison, mais en fait, la vraie raison c'était les gens. Merci les gens.


A la fin d'un voyage on revient avec des livres, comme ça le voyage n'arrête pas. Merci les gens qui écrivent les livres qui font voyager, et ça permet d'écrire soi-même son livre de voyage. Un journal. C'est dommage, le mien est fini, il est mis à plat, à votre disposition. Le voyage est terminé alors?


Commentaires

  1. Mercis pour ces partages et réminiscences. Au plaisir, à Bruxelles, Québec ou ailleurs.. :)

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