Saturday, 3 January 2015

Lamia noble

   Judith est le plus souvent richement habillée, à l’orientale ; elle se promène parée de ses voiles sur la digue au crépuscule, et l’on ne saurait dire si elle marche ou si elle glisse sur la mousse. On murmure à son passage, « les lèvres rouges », et les plus vieux se signent. Lorsqu’elle est accompagnée de jeunes gens, de jeunes filles, elle rit, entourée de sa cour ; mais parfois elle est seule, et elle porte le malheur sur son visage, le regard perdu dans la contemplation de la mer grise. Lorsqu’elle est dans son repaire et qu’elle chante, elle se dévêt, ne conservant pour tout ornement qu’une fine peau de serpent enroulé à l’avant-bras. Sa voix de mezzo-soprano est accompagnée des plus somptueuses sonorités de cordes qui suintent des murs délabrés. C’est l’image d’elle-même qu’elle préfère lorsqu’elle attend l’amour car Judith est une pauvre âme en peine qui cherche à tromper son ennui. Elle est prête à fondre d’un amour total, dévorant, sur ses amants. Judith parle le grec et le latin, le norique et l’anglois. Elle reprend sa forme naturelle lorsqu’elle disparaît avec sa victime à travers les murs du palais.
   Judith investit les ruines du Thermae Palace de préférence les nuits de pleine Lune, elle est une des manifestations étranges qui se produisent dans la région depuis quelques temps. Installée sur le balcon de sa chambre face à la mer, elle chante, essaye d’attirer les passants : « viens, je t’apprendrai des secrets ». Elle parle longuement de sa vie, se plaint de la dureté du destin, tout en racontant l’histoire malheureuse de ses enfants tués par un « homme mauvais, méchant, horrible », et comment elle failli perdre la raison. C’est grâce au chant et à la poésie qu’elle a trouvée une consolation. En même temps elle essaye de séduire son public en prenant des poses lascives. Elle demande à son audience si elle peut leur lire des extraits de quelques poèmes. Elle connait un beau répertoire de textes dans toutes les langues qu’elle parle. Lorsque son public ne s’y attend pas, Judith lance un charme sur le personnage le plus proche et tente d’implanter une suggestion sur celui qu’elle perçoit comme le plus menaçant.  

John Keats : Lamia (extrait)
"Fool! Fool!" repeated he, while his eyes still
     Relented not, nor mov'd; "from every ill
     Of life have I preserv'd thee to this day,
     And shall I see thee made a serpent's prey?"
     Then Lamia breath'd death breath; the sophist's eye,
     Like a sharp spear, went through her utterly,
(« Insensé, insensé, » répète le vieillard, dont les yeux,
Toujours impitoyables, demeurent toujours immobiles.
   « De tous les maux
De la vie je t’ai gardé jusqu’à ce jour ;
Serait-ce pour te voir devenir la proie d’un serpent ? »
A ce mot, Lamie pousse un râle ; le regard du sage,
Trait acéré, la transperce de part en part)


Lamia - par Herbert James Draper, 1909




Notes: John Keats a publié le poème Lamia en 1820. L’ironie de la situation est que Judith annonce ce qui va arriver. Judith est un personnage non-joueur créé pour le jeu Terra Mater A.D. ® basé sur les caractéristiques d'une Lamia Noble (in Fiend Folio, edited by John Turnbull, TSR UK, 1981). La fiche technique de Judith est la suivante:


Lamia Noble (Fiend Folio)
AC: 6, move: 9’’, Hit Dice: (10+1), THAC0: 13, Hit points: 40, in lair: 60%, Treasure Type: D, # of attacks: 1 (touch), damage/attack: 1-6 (+ retrait permanent d’un point de sagesse), special attacks: 1x/jour comme magicien de niveau 8: I. charme personnes, II. Image-miroir, III. Suggestion, illusion (bâtonnet), special defenses : nil ; magic resistance : standard, intelligence : 13, alignment : CM, XP value : VII/2550+14*40=3110.

Terra Mater A.D. ® est une création des Métamorphoses de C.

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