Saturday, 7 February 2015

Spoken Word : Migrations

Argument
   Une proposition d’écriture sur le thème des migrations au sens large (mouvements migratoires, immigrations, politiques d'immigration, exils intérieurs comme extérieurs, migrations récentes et anciennes...), sur le mode de l’écriture déclamatoire, le spoken word.
   Olivier nous rappelle le contexte de cette activité qui s’apparente à la poésie de performance, la poésie déclamée, le slam, la chanson, l’improvisation.
   Le spoken word est né aux USA dans les années 1950 avec les écrivains de la beat generation. Allen Ginsberg le premier mis en parole ses textes, s’accompagnant d’un petit harmonium. Jim Morrison des Doors et Patti Smith pour le rock déclamaient sur scène des poèmes entre deux morceaux, ou pendant de longues improvisations. La scène slam définie par des textes militants scandés sur des percussions, vint plus tard (Chicago, New-York), avec des groupes de noirs.
Une petite recherche sur Wikipedia m’informe dans l’article anglais sur l’histoire du spoken word que Léo Ferré est considéré comme une des références du genre.
   Ceux qui le souhaitent, pourront travailler leur texte avec un musicien pour un passage sur la scène de la Bellone en soirée, explique ensuite Olivier. Je me suis contenté d’écrire le mien et m’éclipsai, un début de refroidissement m’ayant attaqué par les pieds, et de la plante au cerveau il n’y a qu’un bulbe.

   On verra plus bas, (photo), le carnet du premier jet de mon texte. J’utilisai quelques mots-clés captés pendant l’exercice d’échauffement corporel au début de l’atelier, tels que « saumon », « amis », et une ambiance de voyage malheureux. Voilà, mon jet d’Ulysse en voyage, brut, son off.



Dans tout voyage, il y a une transformation je crois, en voici un exemple.

Terre !      Terre !     Terre !

En terre     me taire    me terre

Je me tais   tu te tais  il se terre

En terre il fut mit

Il se terra  comme un rat

En terrétrangère se terra

Nulle part ici        nulle part là-bas

En terrétrangère se terra




Tu n’es rien




En terrétrangère     nul n’entre ici,
   s’il n’y est convié


En terrétrangère     nul n’erre ici    n’erre là-bas
   nul, s’il n’y est admis
   n’entre ici


En terrétrangère
   dans cette terre où tu fus mis il y a longtemps
   il y a un enfant




Nul n’entre ici, nul n’a d’amis

Condamné     à la partance     l’errance    l’absence




Tu est un étranger    un χενος (1)

Kssss     kssss     χενος    serpente χενος     χενος se terra     χενος quel est ton nom?
Ton âme transmigrée   transfixée   dans les feux du monde sublunaire

Ton âme se nihilera   s’étincellera

Dans le flux des mers sublunaires

Brûlera

Dans l’océan d’âmes égarées

Brûlera

Têtes tranchées tombent dans la Lune
    tombeau des âmes

---- mais passe une lumière!



A qui s’adressent tes mots migrant
    qui ton pays quitta pour une
    terrétrangère ?

    qui dans le flux erra    serpent
    se transforma

Ta destination n’est pas sûre

Vois ! Les oies cendrées là-haut
Vois ! Les saumons remonter les rivières

Tu es poisson blanc
O Corégone – dans la langue atikamekw (2)
Première nation migrante sous la Lune

Tu passes
   tu passes
      et ta lumière est belle.


Notes
(1) xénos (étranger, en grec)
(2) les Atikamekw sont une première nation du Canada, on les trouve au Québec dans la région de la Mauricie. Dans leur langue, « atikamekw » se dit du poisson blanc, qu’on appelle aussi le corégone. Sa chair est délicieuse. On le pèche d’abondance dans la rivière St-Maurice. Les Atikamekw sont le peuple du poisson blanc, et sans doute, migrateur, remontant le cours des rivières et des lacs qui parsèment à l’infini le pays, du Québec à l’Ontario.



7 février 2015
Atelier “Speak IT / Spoken IT” à La Bellone, Bruxelles

Thème: les Migrations
Animations : Olivier Vanderaa, Aliette Griz & al.

  L’animation free-style de l’atelier d’écriture par Aliette Griz me convenait parfaitement. Aliette est connue pour ses expérimentations en écriture numérique, collective, pour ses live tweet des Midis de la Poésie https://twitter.com/midisdelapoesie - une incise: j’en parlerai dans un prochain billet, des Midis de la Poésie justement et de la conférence consacrée à Tolkien « La Terre du Milieu, un paradis perdu ? », c’était mardi 3 février, Aliette y était au premier rang armant son téléphone de tweets décochés en rafales, mais on ne s’est pas vus, et donc, le mot de la fin que je lui laisse par anticipation : «J'aurais voulu que tout cela ne soit pas arrivé de mon temps.» ‪#Frodo ‪@midisdelapoesie ‪#Tolkien ‪#motdelafin

Nature morte avec pomme et carnet (L'auteur)


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