Un écrivain-monde, rencontre avec Hubert Haddad

Un écrivain-monde

Master class, suivi d’atelier d’écriture
Avec Hubert Haddad

10 mai 2015 à la Maison d’Erasme (Anderlecht, Bruxelles)



Prologue

Hubert Haddad : un écrivain-monde.

Hubert Haddad (H.H.), né à Tunis en 1947 (68 ans), est plus qu’un écrivain du monde, c’est un écrivain qui raconte le monde – (il suffit de parcourir sa bibliographie pour s’en convaincre, plus de 70 livres publiés dans tous les genres) ; il est autre et au-delà : un monde à part entière, un monde d’écriture, un graphomane inventif, une bibliothèque sur pattes, un répertoire vivant d’histoires fantasques et de catalogues imaginaires.

Le bonhomme est petit, mince, un air de faune, le regard vif, mais lent dans ses gestes, habillé de noir, une tignasse magnifique de vieux lion du désert.

H.H. ne pouvait être que cela à-priori, un écrivain-monde, car je ne connaissais de lui, que son roman-dictionnaire L’Univers (1999) avant de le rencontrer, , dans les Jardins philosophiques de la Maison d’Erasme.

Pendant la pause, il me dit que : « non, je ne m’inscrivais pas dans une démarche expérimentale. J’appris, après avoir écrit L’Univers, que Perec et Queneau avaient eu l’idée d’un roman-dictionnaire ; il se fait que j’ai été le premier à le réaliser… Comment l’idée m’est venue ? J’étais dans une période de la vie où je bougeais beaucoup, pour tout dire je n’avais pas de domicile fixe, tout le temps dans des trains. Alors, comme il fallait que j’écrive quelque chose, tous les jours, et que j’ai besoin d’un environnement stable pour écrire dans une continuité narrative, j’ai eu l’idée de ce personnage frappé d’amnésie, obligé d’inventer le monde, à l’aide des mots, sans savoir où les mots vont l’emmener. La forme du roman, des entrées de dictionnaire, s’est imposée comme celle qui convenait à mon mode d’existence. »

Voilà donc pour l’explication de l’Univers, ce roman par définitions lexicales, sur fond d’oubli du passé, et d’oubli à mesure du temps qui passe. L’univers n’est-il pas une sidération permanente ? L’anévrisme cérébral, une intoxication, la démence, un traumatisme, frappent. Les causes sont multiples, leurs effets sur la matière du cerveau, protéiformes : dans les cas d’amnésie, nous perdons le plus souvent nos souvenirs les plus récents ; parfois, et c’est beaucoup plus grave, nous perdons notre capacité à former de nouveaux souvenirs, ou alors, les deux effets se combinent. Les neurologues parlent d’amnésies rétrogrades, celles qui concernent le passé, et notre capacité à nous remémorer le stock d’événements de notre vie ; et d’amnésies antérogrades, celles qui signalent une difficulté ou une incapacité d’apprendre, et de mémoriser, ce qui nous arrive de nouveau. Imaginez ! Le temps passe, mais n’a plus de prise sur votre psychisme. Votre corps vieillit, mais votre pensée reste fraîche comme au premier jour de votre naissance. Ce que vous avez appris jusque là, demeure : langages, tics, compétences, vous avez appris à marcher : vous marchez ! Vous avez appris à lacer vos chaussures : vous lacez vos chaussures ! Vous avez appris à écrire : vous écrivez ! L’Univers est cette matière qui chaque jour vous étonne. Une magie. Un enfer. Vous rencontrez de vieux amis : ce sont de vieux amis. Supposons que comme moi, vous rencontriez pour la première fois quelqu’un comme H.H. : « Bonjour, qui êtes-vous ? Etc ». Quelques heures plus tard, vous le croisez dans les méandres du jardin philosophique de la Maison d’Erasme, à Bruxelles : « Bonjour, qui êtes-vous ? Etc. ». C’est cela, l’amnésie antérograde. C’est aussi la remarquable histoire d’HM, un patient, très étudié, devenu amnésique antérograde en 1953, suite à une opération neurochirurgicale, mort en 2008. Le monde s’est arrêté d’évoluer pour HM, à son réveil de salle d’opération, cinquante ans avant sa mort.

H.H. lui, est là, et bien là. Il nous dit : « il faut écouter ».

En toute simplicité, nous entrons directement au cœur de l’atelier : nos sens en éveil captent le monde. C’est le matériau brut avec lequel l’écrivain va travailler.

Quand il parle de son expérience d’auteur, H.H. utilise le conte, des souvenirs personnels, des citations, l’histoire, des envolées lyriques ; il connaît l’appareil théorique de la littérature emprunté aux sciences humaines, qu’il utilise avec modération ; il n’y a chez lui ni pose, ni affectation, pas d’à-priori catégorique sur le rôle de l’écrivain, pas de diktat « du langage pour le langage », de la contrainte, d’idéal d’une écriture blanche, de l’autofiction mise à toutes les sauces, aucun des défauts que j’attribue, peut-être à tort, au parisianisme germanopratin.

En ce qui me concerne, depuis quelques temps, les cabrioles stylistiques popularisées par l’Oulipo, ne m’amusent plus. Je n’adhère plus à la gratuité des jeux d’écriture, ni même à l’idée que l’acte d’écrire serait, à la limite, une des dernières formes d’acte existentiel qui nous soit encore possible, un acte libérateur, l’affirmation désespérée d’une subjectivité, voire même un acte politique. Dans le fond, je l’avoue, depuis longtemps Mallarmé m’emmerde. Pour le dire encore autrement, la French Theory a montré pour moi ses limites, et il est temps de passer à autre chose[1].

Justement, pour Hubert Haddad, ce qui est important dans le roman, c’est la primauté du récit. Et la science, la connaissance, utilisées en étoiles de fond, sans lesquelles, il n’y aurait pas de pacte de crédulité qui tienne avec le lecteur. H.H. le dit, à un moment donné : « la documentation, tout ça, c’est du bluff ». Oui, l’écrivain de fiction, n’est pas le spécialiste des sujets qu’il exploite : non, l’écrivain de fiction n’est pas un faiseur, mais un passeur.

Combien de romans ne m’ont-ils pas tenus sur le fil, page après page, moins par le thrill de l’action, l’intrigue, que par la construction cohérente d’un monde ? Le roman achevé, réussi, mémorable, décisif, est celui qui combine d’une manière qui lui soit propre ces deux exigences du monde et du récit, celui qui permette l’expression la plus aboutie de l’idiosyncrasie de son auteur.

Rendre l’expérience du monde imaginé crédible, avec la restitution des sens et de l’expérience d’un personnage ; mettre en scène des personnages vivants, qui nous somment de les mettre en scène ; planter des décors qui soient à la hauteur de leur sujet : il s’agit-là, de la fameuse suspension de l’incrédulité dont parlent des auteurs américains, du sense of wonder, qui s’applique à tous les romans vraiment réussis, quels que soient leurs genres respectifs.

Tous ces récits d’une blancheur maladive, dont l’édition nous inonde… Les grandes œuvres sont précieuses.

L’Univers, et sa sidération. Les mots.

De toute façon, il le dira plus tard pendant la leçon – ah ! si toutes les leçons arrivaient à propager ce feu ! -, il dira un peu plus loin, qu’en matière de lectures, « les seules qui comptent dans ma vie, ce sont les lectures décisives. Elles sont rares, elles ont eu lieu chez moi, entre vingt et trente ans ».

A dix ans près, H.H. et moi appartenons à la même génération, née après la guerre, lui plus près de son terme que moi, mais, nés avant le bouleversement de la société au cours des années soixante, à quelques années près, certes, mais toujours à l’époque d’un monde qui garde encore le contact avec l’ancien monde.

Je ne suis pas complet dans ma recension personnelle de l’œuvre d’H.H. : je connaissais aussi de lui, ce monument très intimidant, les deux tomes massifs du Magasin d’Ecriture, le Nouveau, et le Nouveau Nouveau magasin d’écriture ; une somme sur l’art d’écrire, des exercices – jamais deux propositions identiques, qu’il a ramassées après les avoir livrées à son public (les jeunes des banlieues), avant que les « Ateliers d’Ecriture » deviennent à la mode, et que le Ministère, dit d’Education Nationale, s’en empare, convoquant enfin les écrivains à une mission sociale : « allez et alphabétisez ! » Je suis un peu féroce, mais je dois beaucoup à leur pratique et j’en suis reconnaissant. Et puis, que ferais-je là, si ce n’est pour écrire, en atelier ?

Dans les jardins philosophiques de la Maison d’Erasme, pendant que le groupe se rassemble autour d’Hubert Haddad et de Christine Van Acker, un homme à la démarche vacillante nous apostrophe, puis s’avance vers nous, hésitant, enfin rassuré par le geste d’Hubert. « Qu’avez-vous à nous dire ? » lui demande Hubert, qui nous aura prévenus : « saisissez tout ce qui se passe, ce que vous entendez, c’est la matière brute du texte, tout est bon à prendre ».

« Je suis le Roi d’Albanie », répond l’inconnu.

…….




Un récit de la caverne

C’est l’histoire d’un jardinier qui lit Platon dans un train entre Bruxelles et Paris. Il se souvient.

Le Roi d’Albanie, je suis le roi d’Albanie.
Zog.
J’ai baisé la reine de Hongrie.
Vous ne m’attendiez pas, je suis là. Je suis l’héritier de Platon.

Un voyageur s’approche dans le compartiment. « How do you do ?
- Prenez place, je vous en prie. »

Je suis celui qu’on appelle aussi l’herboriste, le charmeur de plantes. Je voudrais que la glaise adoucisse le feu, que vous guérissiez de vos mauvaises humeurs, de vos biles.
Avec la reine de Hongrie, j’enfantai l’idée de moi-même.

C’est l’histoire d’un homme qui invente des points d’appuis pour se hisser à l’espérance de lui-même, à chaque pas.

Silence !
Le Roi d’Albanie se retire.
Entrent en scène : Hubert Haddad et son double, le simulakron, celui qui parle. L’autre, en retrait, comme les étoiles qui continuent à briller dans le ciel d’azur, se tient à sa place.
Il parle : des chimères et de leurs transformations, de Sophie et de l’amour des lettres, de Claire, la plume du caméléon. A force de voiser des écritures, il faut en revenir à l’histoire de ces regards qui ne se croisent jamais sur la page.
A ce moment-là, Aliénor chante : mi si mi la, en pagaille, d’Aquitaine débarquée dans le désert au pied des ruines de Carthage, à pleurer Louis, mort de la peste, peut-être.
Aliénor chante.
D’où vient notre présence au monde ? Tu es une ombre dit Platon. Je sais que le jardin idéal n’est qu’un rêve.

Il y a beaucoup d’animaux aujourd’hui dans ce train.
Le paysage défile, il tient en une ligne.

Il me faut retourner à Paris. Avec Zog, Platon, et tous les autres. Avec mon corps fantôme. Je me prends la tête : où es-tu partie ?
Te souviens-tu de ce piano, disait-elle, sur lequel ta fille apprenait à jouer ? Un jour elle dit en pleurs : « Maman, je n’ai plus envie ! ».

C’est l’histoire de ces regards qui ne se croisent jamais sur la page.

Le piano a brûlé, dit-elle, il a échoué sur les plages du débarquement, avec la dernière marée.

Son voisin se met à tousser. « Je vous, en prie, ce n’est rien », dit l’homme lisant Platon. Il est jeune, la trentaine, costume bleu à fines rayures, l’air gêné. Il y a longtemps, lui aussi a fait ce voyage. Aujourd’hui, il regarde le monde d’ombres et de lumières qui danse derrière les fenêtres du train. Il voudrait bien quitter sa caverne.

Le simulakron Hubert Haddad poursuit sa litanie de mots, de voyages mystérieux, de fragments de monde reconstitué dans les pages d’un dictionnaire. Repartir à zéro. Les frères Karamazov dansent sous le volcan. Le judaïsme pré-talmudique s’est installé en Inde du Sud. Il y a là-bas des temples et des gens trop vieux, trop peu nombreux, pour entonner une cérémonie.

C’est l’histoire des gens qui sont partis en fumée, sans qu’il n’y ait plus personne pour le dire.
L’homme met Platon de côté, ouvre un autre livre, au hasard :

« Plusieurs semaines avaient passé, orageuses, chargées d’éclairs, et de menus drames. Un peu sonné par les événements, Matabei veillait des nuits entières dans l’atelier pour relire les haïkus du peintre jardinier… »

C’est l’histoire d’un train qui entre en Gare du Nord. Un homme en sort, fait quelques pas sur le quai, puis éclate de rire.

Le roi Zog éclate de rire.

…….



Dits d’Haddad.

Le jardin idéal n’est qu’un rêve.

Le plomb des vitres tient la fenêtre.

L’identitaire n’est pas un écrivain, mais un idéologue, ou un faiseur.

Le Roi d’Albanie est le fantôme dont se ressent infiniment la perte.

Le corps fantôme. Expérience mentale : peut-on greffer une tête sur un corps ? Ou vice-versa ? Qui sera « je » ? Ou expérience à venir, tel ce médecin (italien ? chinois ? coréen ?)

D’où vient notre présence au monde ? Du cerveau ? Ou du deuxième cerveau, dans le ventre ?

La question du surgissement.

Je ne parle pas en mystagogue.

Le pacte de crédulité avec le lecteur.

On ne cesse de voir des paysages fabuleux.

Le rêve se poursuit en permanence. Il y a le soleil et l’azur. Mais le ciel étoilé est toujours là. Cela émerge dans la distraction.

Un souvenir d’Auroville.

L’écriture n’est pas une cathédrale. On part de l’anecdote, du détail.

Ecrire sur l’événement, au risque d’être piégé. Eviter la moralisation, les idées générales, ou les démonstrations.

Ecrire sans événement. L’écriture pour elle-même.  Le style. Tirer le fil de l’ennui. Prendre le temps. Les dimensions : verticalité, et horizontalité de l’écriture.

J’essaye d’écrire un roman sur le judaïsme pré-talmudique en Inde du Sud. Je n’y arrive pas. Pour la grande prière, il faut au moins dix hommes.

Importance des légendes. St-Louis (Louis IX), débarque à Carthage, avec la dernière Croisade, mais il n’y meurt pas de la peste. Il endosse l’habit d’un berger, rencontre une belle soufie, et se convertit à l’Islam. C’était l’époque où les Rois Très Chrétiens et les Emirs s’écrivaient en vantant les mérites de leur religion. « Vous en serez ravis et ne demanderez qu’à vous convertir », se disaient-ils.

La documentation, c’est du bluff. Avec tout ce que l’on ne sait pas, il y a un monde qui se crée. On procède par petites touches. Il ne s’agit pas de savoir.

J’écrivais des haïkus sans savoir pourquoi. Et puis, un jour un personnage apparaît, c’est un moine zen, l’auteur de mes haïkus. J’arrête d’en écrire et rédige le roman « Le peintre d’éventail ».

Un livre manqué peut-être un chef-d’œuvre.

Chaque poème doit être un événement.

La page au milieu du livre. « Pas un seul vrai livre n’a de première page » (Boris Pasternak).

Le prologue du roman « Tendre Jeudi » de Steinbeck est une leçon d’atelier d’écriture (avant la lettre).  Un personnage y invente par boutade quarante titres de chapitre. Le roman développe les quarante chapitres.

Mes lectures décisives, entre vingt et trente ans : « Les frères Karamazov », « Tandis que j’agonise », « Le jeu des perles de verre », « Sous le volcan », « Le maître et Marguerite »…[2]

Aujourd’hui, il n’y a plus que la poésie qui arrive encore à m’émouvoir. Emily Dickinson par exemple.

La maîtrise et le foisonnement. Toujours repartir de zéro.

Chaque nouveau roman est un pas dans le vide, un déséquilibre ; il faut s’y jeter.

L’analogie : tout est lien, rapport, mais rien n’est anecdotique, pour qui sait écouter.




Propositions d’écriture

Chacun d’entre nous a un point aveugle. Il n’y a pas de « sujets », il y a des phrases (Eluard).

Quel jeu me fait oublier depuis toujours ce qui est caché ?
Quelqu’un est entré dans ma chambre à mon insu.
Te souviens-tu de ce piano ?

(A la manière de Calvino) :
Si par un matin de pluie, fatigué du monde, j’ouvrais un carnet et une pile de bouquins…
Prendre une phrase dans un livre.
Poursuivre par la description d’un lieu imaginaire.
Un souvenir hypnagogique.
Description d’un personnage associé au souvenir, avec ces particularités.
Relation d’un voyage solitaire en train à travers des paysages connus et un monologue intérieur.
Un drame pressenti sans témoin.
Relire le tout. Poursuivre par le récit vers l’inconnu.
Prenez une phrase mystérieuse d’un roman. C’est la fin de l’histoire qui contient toutes les histoires manquées.

« Puisque la mort est inévitable, oublions-là » (Stendhal).

Construire une liste qui commence par « C’est l’histoire de… »

C’est l’histoire d’un jardinier qui lit Platon.

C’est l’histoire d’un mendiant échoué sur les plages du débarquement avec la dernière marée.

C’est l’histoire d’une armoire à glace qui s’est fait coffrer dans un panier à salade.

C’est l’histoire de l’écureuil, mort trop tôt, d’avoir vu trop tard, le garçon à l’élastique.

C’est l’histoire de l’homme qui inventait des points d’appui pour se hisser à l’espérance de lui-même, à chaque pas.

C’est l’histoire du marchand d’ananas de Guadalajara, qui sauva le Consul d’une cuite de tous les diables.

C’est l’histoire des regards qui ne se croisent jamais sur la page.

C’est l’histoire d’un humaniste pied-bot qui s’esclaffait en latin de la folia mundi au pied du Palatin.

C’est l’histoire de Madame Gournon, veuve du Colonel, qui fut tué à Sedan d’un coup de sabre, et n’en perdit pas moins sa tête, sus à l’ennemi.

C’est l’histoire du Curé de Tours, telle que Balzac ne l’a point racontée.

Mixez le tout !


Texte librement inspiré de la rencontre avec Hubert Haddad, à la Maison d’Erasme, avec ses dits et ses non-dits, ses propositions d’écriture et ma propre façon de malaxer ces mots entendus, écrits, dans « Un récit de la caverne ».

Christo Datso







[1] Les Mots et les Choses de Michel Foucault (Gallimard, 1966), est un livre extraordinaire, et à mon sens, un des rares qui méritent d’être sauvés de cette production, qualifiée de French Theory ; alors que, comble, elle est le fait d’auteurs essentiellement américains qui en ont popularisés l’expression.
[2] Respectivement: Dostoïevski, Faulkner, Herman Hesse, Malcolm Lowry, Boulgakov…

La table de travail d'Hubert Haddad et de Christine Van Acker à la Master Class
La Maison d'Erasme, à Anderlecht (commune de Bruxelles)

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