Opéra V - Le Roman d'Arc - Quatrième tableau : Bleu Nuit


Entends mon frère ces cris de terreur qui déchirent le ciel. C’est l’heure bleue, l’heure des phindars… N’aie pas peur. Viens ! Toi aussi, rejoins la Fraternité et tu n’auras plus jamais peur.


Episodes précédents de l’Opéra d’Arc
Opéra I – Le Roman d’Arc
Annexe – Le wargame « Le Jeu du destin d’Arc »
Autres sources – lecteur, cherche sur le site des « Métamorphoses de C. » toute information en rapport avec un Roman d’Arc ou un certain « Datzen », auteur bicéphale de la fin du vingtième siècle après le Traité (je veux dire, de l’ère commune). Bonne récompense.
Terminologie :
PJ(s) : Personnage(s) Joueur(s)
MJ : Maître du Jeu
Fiches techniques : consulter les manuels du jeu Advanced Dungeons & Dragons 2nd Edition (ADD), les abréviations des caractéristiques de jeu sont données en anglais.

Quatrième Tableau - Bleu Nuit

  Ayesha a finalement lancé son offensive sur Arc. Surgissant de partout, les phin­dars bleus sèment la terreur et massacrent sans discrimination.
  Les PJs débouchent en pleine bataille sur la place de Briscourt, en fin d'après-midi. La population paniquée fuit dans toutes les directions, tandis que des détachements de miliciens combattent ces hordes de cauchemar. Des cris réson­nent de toutes parts, de nombreux cada­vres jonchent déjà le sol de la place et le désordre est général. Pour sortir de cette boucherie, les PJs doivent se frayer leur chemin à la force de l'épée. Ils rencontrent au moins trois détachements de phindars bleus.

Phindars Bleus
Tous les phindars sont considérés comme des morts-vivants à 6 HD (Wraith) pour le vade-retro des prêtres. En cas d'attaque avec arme naturelle (morsure), si le toucher est de 18 à 20, le phindar reste accroché à sa victime, et les dégâts sont automatiques les rounds suivants. Tous les phindars ont des jets de protection comme des voleurs du 10è niveau: PPDM 11 RSW 10 PP 10 BW 14 Sp 11.

Phindar Lieutenant
XP 975.
N 1 HD 4 (hp 30) AC 4 TH 17
Arbalète à répétition: 2 attaques par round, 6 attaques par char­geur (1 round pour changer le chargeur), dm 1‑3 + ST vs poison à +2 et infection de la maladie des phindars qui se déclare 1 à 10 jours plus tard.
Dague: dm 1‑4 + backstab avec to hit à +4 et double dégât.

Phindar Sergent
XP 420.
N 2 HD 3 (hp 22) AC 5 TH 17
Boomerang: dm 1‑6 + décapite vs ST paralysie, si le to hit est un 20 naturel.
Dague: dm 1‑4 + backstab avec to hit à +4 et double dégat.

Phindar Soldat
XP 120.
N 9 HD 2 (hp 11) AC 6 TH 19
Morsure: dm 2-9.

autre exemple de Wraith sympathique tirée de la 5è éd. de Dungeons & Dragons


  Une fois sortis de la Place de Briscourt, les PJ ont 50% de chances par tour de jeu de tomber sur un autre détachement de phindars dans les rues de la ville.

  Le soir tombé, ils dé­couvrent une étrange enseigne lumineuse (néon) d'un bleu fluorescent : « Le Labou­reur ». L'auberge est extrinsèque au con­texte heroic-fantasy et est située à Bruxel­les à la fin du XXème siècle. Une musique stridente comme ils n'en n'ont jamais en­tendue (du jazz!) s'échappe de l'intérieur de l'établissement. Le MJ prendra soin à ce moment-là de leur faire écouter ce « bruit ». L'intérieur, lambrissé jusqu'à mi-hauteur, se présente comme une pièce d'une quin­zaine de mètres de long sur quatre de large. De nombreux instruments de musi­que sont accrochés aux murs jaunis par la fumée de cigarettes. A gauche de la porte un long bar en bois est le refuge de Jean-Marie, le maître des lieux. Au milieu des tables trottine Lili, une plantureuse ser­veuse toujours en mouvement qui ne man­que aucune occasion pour échanger un bon mot avec les clients attablés. Il faut dire que l'entrée des PJs n'est pas pas­sée inaperçue de la clientèle de l'auberge: accoutrés de leurs armures, armés de pied en cap et maculés du sang des combats qu'ils viennent de mener, les PJs paraissent bien déplacés dans cet endroit où les gens attablés dégustent de volumineux plats de spaghetti J.F.C. (jambon-fromage-crème) arrosés d'une bière noire à la mousse onc­tueuse, que les PJs peuvent reconnaître comme de la bière d'Algonys. Dès leur entrée, les conversations cessent et font place à des regards étonnés qui se muent progressivement en rires tonitruants.

"Jean-Marie, offre sur mon compte une bière d'Algonys à ces zouaves", "vous revenez d'un donjon live, sans doute ?", "c'est qu'ils ont vraiment l'air de s'y croire, etc..."

  Les PJs peuvent aper­cevoir au fond, à côté de la porte menant à la cuisine, une très ancienne croix de pierre telle qu'ils ont pu en voir lors de leur dé­couverte de la Secte des Inversionnistes (pour un rappel, voir le module Bertrand de Briscourt dans le Chapitre II de la Campagne « Le Roman d’Arc »). La croix ne comporte aucune inscription et si les PJs en demandent la provenance à Jean-Marie, il leur répondra d'un air entendu qu'elle provient de la cave de chez son grand-oncle qui était un grand nécroman­cien... (rires retenus!). Toute question intrinsèque au scénario qui serait posée par les PJs aura une boutade pour réponse dans la mesure où les gens présents considére­ront que les PJs poursuivent leur donjon live pour mettre de l'ambiance. On leur fera même remarquer la qualité de leur sang-froid pour rester ainsi de marbre dans une telle situation...!

  En observant les convives attablés, les PJs reconnaissent cependant deux indi­vidus qui n'ont pas remarqué leur arrivée, car ils sont concentrés sur un plan posé devant eux. Il s'agit de Timothée Fals et du docteur Alex Harvey[1], plongés dans une partie de Wargame. Lorsque les PJs se rapprochent, ils réalisent que les deux joueurs sont penchés sur le plan de la ville d'Arc et que de nombreux pions y sont disposés. Harvey et Fals jouent l'invasion de la ville par les troupes phindars bleus et c'est au tour de Fals, qui déploie les trou­pes de la ville, à jouer. Si les PJs s'intéres­sent à la partie en cours, Fals les invite à jouer ce tour à sa place. A ce stade, un demi-tour de Wargame est joué par les PJs.

La situation des troupes arcelloises corres­pond à celle qui aura vu se terminer le wargame stratégique lors de la partie pré­cédente (voir le Chapitre IV pour un rappel de la signification du wargame). De nouveaux pions sont placés sur la carte, ceux des phindars bleus et d'Ayesha. La localisa­tion du pion d'Ayesha permettra peut-être aux PJs de déduire l'endroit où ils pourront la trouver lors du Septième Tableau « Ultime Combat » (dans les ruines de Castel Omerta). Une fois le tour de Fals terminé, Lili apporte à Harvey une andouillette à la sauce tartare. Celui-ci, qui se régale d'avance, préfère cependant jouer son tour avant de manger. Au moment où Harvey commence à déplacer ses troupes sur le plateau de jeu, la porte s'ouvre et un détachement de phindars fait irruption dans l'auberge. C'est alors que le MJ sort son panneau « Rideau ».

Algonys, probably the best beer in the world

(A suivre : L’opéra d’Arc, cinquième tableau : Effroyable sentiment)


Le Laboureur, Constantin Meunier, 1831


[1] Timothée Fals est le directeur laïc de la « Bibliothèque » d’Arc (en fait, l’Université). Alex Harvey est un spécialiste international de la toute nouvelle « Médecine mentale » qui travaille à l’Hôpital Fereira. Tous deux sont des amis d’Antonio Fereira représentant le « parti libéral » dans la guerre civile qui déchire Arc. Lire aussi :  Fals = Henry Krutzen & Harvey = Christo Datso, lesquels ont passés des heures innombrables à consommer des quantités invraisemblables de JFC et d’andouillettes copieusement arrosées de bière d’Algonys, au « Laboureur », aujourd’hui disparu, sis chaussée d’Alsemberg à Uccle dans la périphérie sud de Bruxelles, en élaborant les scénarios du « Roman d’Arc » entre 1987 et 1996. Lecteur, tu n’imagines pas le travail qu’il y a eu derrière cette œuvre colossale dont tu ne découvres ici au fil des pages du blog que quelques infimes fragments.   

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