Théâtre des Opérations, Juin ‘17


                                                                           
Le Surfeur d’Argent prend son élan.
Parviendra-t-il à se libérer de l’attracteur étrange ? La vitesse de libération est supérieure à 11 km/sec.


Journal de la Rêvolution


Résumé des épisodes précédents :
·      Qui est Galactus ? D'où vient-il ? Quel est son but ?
·      Naissance du Silver Surfer, la plus belle création de Galactus, maître de l'univers.
·      « Propage mes tweets dans tout l'Univers » lui dit-il. Silver Surfer s'élance vers les mondes habités.
·      Le vaillant Surfeur d'Argent parviendra-t-il à échapper à l'emprise totalitaire de Galactus, le dévoreur de planètes ?
·      La menace se précise. Galactus arrive. Sa destination : la Terre. Son but : y faire prospérer le capitalisme prédateur.

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Arendt. Encore ? Oui !
… L’affaire est entendue. Avec Eichmann à Jérusalem, Arendt, la philosophe américaine d’origine juive allemande, aurait fait, comme on pourrait le dire aujourd’hui sur Facebook et les plateaux télés, son coming-out antisémite. Ne voyez-vous pas ? Quelle complaisance vis-à-vis du bourreau Eichmann ! Quelle dureté de jugement à l’encontre des victimes ! Ah vraiment, nous avons été abusés par cette « sainte » fort peu démocratique. D’ailleurs, son gros livre là, Origines du totalitarisme, quel fatras d’inepties ! Quelles approximations historiques ! Quelle erreur fondamentale d’avoir mis sur le même plan les nazis et les staliniens ! Et le racisme insupportable aussi qui suinte des pages qu’elle y consacre à l’impérialisme britannique !... Nous avons été abusés… la faute à l’Université, aux médias, au Pape, sûrement, la faute aux Juifs ! Il faut brûler Hannah Arendt.
  L’œuvre d’Arendt continue, c’est le moins qu’on puisse dire, à susciter des débats. J'y vois quelque chose d'encourageant. Comment pourrait-il en être autrement ? Car d’emblée, c’était mal parti. Son positionnement politique ne pouvait être que problématique, dès la publication de son premier livre et des réactions hostiles de la gauche qu'il a suscitée, en particulier en France.

« Dis Hannah, t’es de droite ou de gauche ? Parce que c’est vachement important pour nous, je veux dire les camarades, les intellectuels, enfin tous les progressistes… Ah ! Tu ne veux pas répondre à la question. Tu prétends que nous ne pouvons pas te mettre en boîte ? C’est clair. T’es de droite ! Y a que les mecs de droite pour dire qu’ils ne sont ni de droite ni de gauche, au-delà de ces questions. Voire même d’archi-droite. En plus tu préfères la Révolution américaine à la Révolution française ! Scandale ! T’es qu’une petite bourgeoise, t’es un de ces laquais du Capital qui nous font la leçon. Et ton amourette avec le nazi, là, complètement sous hypnose, même pas capable de penser par toi-même, ouais, t’es une femme. Tu te prétends spécialiste de la pensée politique. Laisse-nous rire. Tu n’es pas sérieuse. Tes livres sont trop faciles à lire. C’est bien la preuve que tu n’as pas de pensée. »

  Après sa mort on est tombés dans une sorte d'excès inverse et à l'ostracisme a succédé l’adulation pour la championne des révolutions démocratiques.

« Alors là, vraiment, Hannah Arendt, voyez-vous, c’est la championne des droits de l’homme, des droits des femmes, des droits des minorités, des droits des héritiers spirituels d’Heidegger, des droits des robots… elle a tout compris ! Je m’endors toujours avec Hannah sous la main. Je veux dire, ses livres, je les lis et les relis. Tout ! D’ailleurs c’est bien simple : totalitarisme ! Tout est dit, je vous le dis, faut pas chercher plus loin : les nazis ? totalitarisme ! les rouges ? totalitarisme ! les libéraux ? totalitarisme ! les fans de Platon ? totalitarisme ! les scientifiques ? totalitarisme ! les fans d’Arendt ?... heu on arrête… Et puis elle a vraiment compris c’est quoi la démocratie. Tu vois, la démocratie, la politique c’est quand tu te mets en scène devant des auditeurs (le Peuple) mais pour d’autres acteurs avec lesquels tu agis. Ouais c’est ça, c’est du théâtre. A cause des Grecs. C’est l’action mon gars. Le théâtre-action par conséquent. Ou les conférences gesticulées si tu veux. La démocratie, c’est un truc participatif, plat, sans lendemain, on cause beaucoup, la nuit de préférence, et debout ! Toute la nuit on cause. On agit. C’est la politique réinventée dans l’événement. On est contre le système ! On est pour l’événement ! Avec un grand « E ». Entendez venir l’Evénement. Arendt, tu comprends, c’est un prophète qui annonce des trucs pas possibles. »

  Finalement, Arendt a pensé ce qu'elle a pu avec les outils de son époque, sa formation et ses passions. Mais l'essentiel de ce qu'elle a écrit continue à résonner. La réduction d'Eichmann au portrait d'un « clown » sinistre fait partie de ces lieux communs destinés à prouver qu'Arendt n'avait rien compris. Elle avait très bien compris la nature du nazisme. Elle a eu aussi dans ce livre des formules journalistiques que l'on continue à lui reprocher (la banalité du mal). C'est une vision tronquée, un peu comme si on réduisait Marx à l’injonction qui clôt le Manifeste du Parti Communiste ou Hegel à la formule de l'oiseau de Minerve qui prend son envol à la tombée du soir.

  Lisons donc Arendt, relisons-la. Laissons de côté les amalgames des penseurs obsédés par la dénonciation des errements – souvent bien réels - des institutions universitaires et qui se lancent dans une critique – souvent légitime – d’auteurs au passé nazi ou « compagnons de route » de divers totalitarismes ; mais cette critique pourrait finir par ressembler à une forme « d’épuration » de l’histoire de la philosophie en France s’ils ne mettaient un frein à leur passion. Celle-ci en effet, après la figure de Martin Heidegger, s’en prend à Hannah Arendt mais aussi à Jacques Derrida, Philippe Lacoue-Labarthe, Jean-Luc Nancy, Giorgio Agamben, Alain Badiou, tous plus ou moins coupables d’amitiés heideggériennes. J’en profite par conséquent pour saluer deux publications récentes qui vont mettre un peu d’air frais dans la littérature secondaire consacrée à Hannah Arendt après le livre à charge d’Emmanuel Faye, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler sur ce blog.
  Il s’agit d’abord de ce Guide de voyage à travers une œuvre qui est proposé par Thierry Ternisien d’Ouville, livre pratique destiné à un public généraliste : Penser avec Hannah Arendt, publié chez Chronique Sociale à Lyon. L’auteur y commente de manière claire et pédagogique les sept « livres politiques » publiés par Arendt de son vivant. C’est un choix tout à fait justifié car on sait à quelles difficultés sont confrontés les chercheurs qui tentent de mettre de l’ordre dans les publications qu’un auteur n’a pas eu l’occasion de rassembler, d’éditer, de publier lui-même et qui font l’objet d’âpres débats bibliographiques. La difficulté est rendue plus complexe aussi dans le cas d’Arendt à cause des langues, l’anglais et l’allemand, qu’elle a utilisée lors de certaines publications, en n’établissant pas toujours une cohérence entre les diverses éditions de ses livres. Le choix effectué par Thierry Ternisien d'Ouville consiste donc à proposer pour le lecteur francophone le meilleur de l’œuvre d’Hannah Arendt, rassemblé dans ces sept livres emblématiques d’un parcours politique et qui suffisent amplement à « l’honnête homme » désireux de s’instruire, c’est-à-dire, de trouver un accès commode aux textes. Rien en effet ne déforme plus la compréhension de la pensée d’un auteur que les polémiques dont il fait l’objet, qui résultent souvent de passions politiques (c’est évident dans le cas d’Arendt) et qui constituent autant d’écrans de fumée. Je plaide donc, avec Thierry Ternisien d'Ouville, pour ce retour salutaire aux textes et rien qu’aux textes. A chaque lecteur de se faire alors soi-même, dans le silence et le calme de son étude, sa propre opinion. Ce parcours raisonné proposé par Thierry Ternisien d'Ouville passe par Les origines du totalitarisme (1951), Condition de l’homme moderne (1958), La crise de la culture (1961), De la révolution (1963), Eichmann à Jérusalem (1963), Vies politiques (1968) et Du mensonge à la violence (1972).
  Le second ouvrage que je souhaite saluer est la réédition très bienvenue et attendue d’un des meilleurs livres d’analyse philosophique consacrés à Hannah Arendt, livre qui était depuis longtemps devenu introuvable. Il s’agit du remarquable ouvrage d’Etienne Tassin, Le trésor perdu. Hannah Arendt, l’intelligence de l’action politique, publié chez Klincksiek à Paris en 2017 avec une nouvelle préface de l’auteur. L’édition originale était celle de l’éditeur Payot, dans la mythique collection « Critique de la Politique » (des livres sobres grand format à la couverture rouge), en 1999. Dans la très abondante littérature secondaire consacrée à l’analyse de la pensée d’Hannah Arendt en français, ce livre d’Etienne Tassin sort du lot par la qualité de son interprétation phénoménologique de l’action politique et par sa grande érudition. Il s’agit on s’en doute d’un livre pointu.
  Dans le fond, le reproche principal que j’adresse au livre d’Emmanuel Faye, dont j’ai par ailleurs apprécié le parti pris critique, toujours nécessaire dans toute discipline qui prétend à quelque objectivité, c’est de confondre philosophie et histoire de la philosophie. Cette dernière nous aide à comprendre le contexte qui entoure les textes, les conditions de leur production, de leur réception, l’état des sources, les filiations et les ruptures etc… mais l’histoire de la philosophie ne produit pas de concept philosophique. Il ne viendrait pas à l’esprit d’un spécialiste de l’histoire des sciences par exemple, de « critiquer » des résultats de la physique moderne la plus pointue au nom d’un contexte, par exemple de guerre ou de concurrence qui a produit les conditions qui rendaient ce genre de découvertes possibles. Or, c’est ce biais cognitif majeur que j’observe en philosophie où la distinction entre l’œuvre et l’auteur est parfois complètement oblitérée (ainsi d’une « méthode » qui réduit l’œuvre exclusivement à la biographie de son auteur). Ce n’est pas le cas de Faye mais parfois la différence opérée entre l’œuvre et la vie est mince dans son argumentation. Au nom d’une histoire parfois nauséabonde, il en vient donc à considérer certains textes comme nuls et non avenus, ne méritant en fait aucun intérêt dans leur champ d’étude propre. Cette méthode qui utilise l’histoire de la philosophie pour dénoncer une production philosophique est je pense dommageable, à la fois pour la compréhension interne des textes, sur laquelle elle superpose un filtre nous invitant à lire constamment entre les lignes ou à en forcer le sens, mais aussi pour la validité, je le répète, nécessaire et utile, de la critique qui est alors rabattue sur un parti pris politique. Personne ne conteste l’existence du nazisme dans la vie et dans la pensée d’Heidegger. Mais Arendt « nazie » ? Non, ni dans sa vie, ni dans sa pensée, à moins là aussi de rabattre le « nazisme » sur une pensée parfois « conservatrice » qui existe bel et bien chez Arendt n’en déplaise à ceux qui la considèrent exclusivement comme une « égérie de gauche », non, ce rabattement n’est pas sérieux.

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Understanding and Applying Linear Regression
  Linear regression is a key technique used in forecasting and in quantifying cause-effect relationships. In this course, Understanding and Applying Linear Regression, you will learn how to identify patterns in data and test those relationships for statistical soundness. You will also learn simple regression and multiple regression. Finally, you'll explore the use of categorical variables. When you're finished with this course, you will have a strong applied knowledge of regression in Excel, R, and Python that will help with factor analysis, logistic regression, and other powerful techniques.”
- (résumé de présentation d’un cours sur les techniques de la régression linéaire et des outils informatiques dans le cadre d’une formation au « big data »)

  L’imposture du machine learning, du deep learning comme nouveau paradigme d’une révolution des connaissances grâce au big data : il ne s’agit de rien d’autre que d’appliquer des techniques d’analyses statistiques relativement simples : études des corrélations entre plusieurs variables, réduction de leurs relations à une équation du premier degré (linéaire), afin d’une part d’expliquer les liens entre variables (pseudo-causalité statistique entre variable indépendante et variables dépendantes, je dis bien « pseudo » car reposant sur l’analyse post-hoc, après les faits et non pas sur la création d’expériences contrôlées) et d’autre part de projeter leurs tendances (prévision). Pourquoi imposture ? Parce que forcément liée à l’hypothèse de normalité des distributions d’événements sous-jacentes (gaussienne). Pour le dire autrement : tous ces modèles se cassent la figure lorsque des événements extrêmes surviennent qui rompent les corrélations entre variables (ou au contraire précipitent leur corrélation dans le cas de variables au départ non-corrélées). Tous ces modèles sont par conception incapables de comprendre ou d’anticiper la nature d’une « crise » qui est par définition un événement hors du commun. On l’a bien vu avec la crise financière de 2008 et l’incapacité des modèles de calculs des risques des banques d’anticiper la chute brutale de leurs actifs ou le gel des liquidités (Value at Risk ou modèle VaR). Nassim Taleb a décrit tout cela, nos œillères mentales, notre incapacité de penser hors du cadre de la normalité, avec la belle métaphore du « cygne noir ». Les statisticiens sont toujours à la recherche d’un modèle fiable capable d’expliquer ou d’anticiper les « événements extrêmes qui se cachent dans les queues des distributions normales. »

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Alien Covenant
  Ridley Scott dans une grande veine lyrique (Wagner, Shelley) joue sur ses propres mythes (Alien, 1979 et Prometheus, 2012) avec les angoisses contemporaines (les androïdes) et les questions éternelles (qui est notre Créateur). Intéressant de voir jusqu'où ira le délire de cette question poussée à son paroxysme chez nos créatures. Un très bon cru dans la série. Michael Fassbender est impeccable dans le rôle principal.

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Un supersolide créé pour la première fois en laboratoire
  Actualité des sciences un peu décalée certes, car les résultats de cette étude ont été publiés en sept-octobre 2016 sur arxiv.org et ensuite en janvier 2017 dans une version vulgarisée du magazine Pour la Science. Comprenne qui pourra sans doctorat en physique.

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木をつみ
て夜の明やすき
小窓かな

ki o tsumite
yo no akeyasuki
komado kana

the tree cut,
dawn breaks early
at my little window


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Comment fonder une nouvelle théorie économique ?
  Je ne sais pas ! Mais on pourrait commencer par (re)lire sérieusement les auteurs existant en se posant la question de ce qui dérape, du modèle à son application. À commencer par Marx sans oublier les économistes dits néo-classiques aussi (que peu de gens connaissent à part d'autres économistes), comme Menger, Jevons ou Walras, lesquels sont les véritables fondateurs du « néolibéralisme » - on les appelle aussi les « marginalistes » : théorie de l’utilité des agents économiques plutôt que théorie de la production et de la résolution du problème de l’allocation optimale des ressources. Cette théorie assez curieuse et même franchement contre-intuitive, stipule que l’utilité n’intervient dans le prix qu’à la marge. L’exemple est celui de l’eau dont il faut une petite quantité pour survivre et dont l’utilité est virtuellement infinie alors que le diamant n’a aucune utilité mais atteint des prix mirobolants et dans la plupart des cas, bien supérieurs à ceux de l’eau. Il faudrait y ajouter quelques auteurs libéraux hétérodoxes (Maurice Allais). En fait, le réservoir des bonnes idées pour renouveler la « science lugubre » (the dismal science) est inépuisable ; mais voilà, le problème est que l'économie n'est pas une science exacte en dépit de ses outils quantitatifs et de sa « neutralité » dans la définition de l’homme comme agent rationnel ; elle fait partie des « sciences humaines » au sens large, ou dans un sens plus étroit des sciences de la société (avec le droit, la politique, l’anthropologie etc..), disciplines qui n’ont de sciences que l’apparence ou le dispositif technique et qui sont trop influencées par des biais cognitifs ou culturels pour prétendre à l’universalité et la neutralité de leurs résultats (dans le sens ou la théorie ne sert pas de justification à une domination de classe). A mon humble avis, l'économie ne redeviendra sérieuse comme discipline que lorsqu'elle sera solidement adossée aux sciences dures, physique et surtout biologie évolutionniste (sous tous ses aspects, biologie moléculaire, génétique des populations, théorie du développement embryonnaire, physiologie, neurosciences). En un sens, l’économie comportementale indique la direction des futures recherches en mettant l’accent sur l’étude empirique du sujet dans ses décisions et ses processus cognitifs. De là, on pourrait par un tour de passe-passe réduire l’économie à la psychologie mais ce serait une voie sans issue, car il est un fait, c’est dans L’Origine des espèces de Darwin qu’on trouve cette idée que le « problème économique fondamental » (que Darwin emprunte à Malthus) est au cœur du principe de la sélection naturelle : i.e. le fameux problème de l’allocation optimale de ressources limitées à une population dont la taille et les besoins augmentent. Mais il faut faire attention. Ne lisons pas Darwin comme Herbert Spencer qui s’est jeté sur L’Origine des espèces, trop heureux d’y trouver une explication scientifique à l’inégalité des conditions humaines et à la justification de l’impérialisme britannique. C’est lui, et non pas Darwin, qui a inventé le « darwinisme social » avec tous les dégâts que cette idée a provoqué, et continue à provoquer. Car il faut évidemment compléter L’Origine des espèces (1859) par La filiation de l’homme (1871) dans laquelle Darwin explique les principes de son anthropologie. L’évolution explique-t-il a commencé à favoriser les instincts de coopération, qui procurent aux « animaux sociaux » leur avantage compétitif et reproductif. Pour Darwin, la compétition au sein de l’espèce humaine est contre-productive à partir du moment où elle détruit le semblable et réduit l’espérance globale de survie de l’ensemble de la population. C’est la coopération qui est la compétence expliquant le succès d’Homo Sapiens. Sous sa forme schématique de la concurrence théorisée par les « marginalistes », au nom d’un principe d’utilité égoïste, l’économisme contemporain est insuffisant pour expliquer la dynamique des populations, l’évolution culturelle etc. Donc, oui, je me dis que peut-être, est-ce dans un renouvellement des recherches à la fois sociales et biologiques que l’économie trouvera sa place, non pas comme théorie séparée, dictant ses lois macroéconomiques aux gouvernements et microéconomiques aux entreprises, mais comme un corpus de principes appliqués à la « bonne gestion » de l’espèce Home Sapiens dans son milieu naturel et culturel. L’économie comme branche de l’écologie, voilà un renversement de perspective et de priorité qui me parait propice à refonder une croyance dans le Progrès.

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  Le développement personnel n'a pas réponse à tout. C'est même un des critères de succès du libéralisme : tout est réduit à l'individu. Ce qui fait défaut : des réponses collectives dans l'espace public. Cela s'appelle la Politique. À quoi les libéraux répondent à juste titre : ce n'est plus nécessaire puisque le plus important est la recherche du bonheur (privé). Mais la Politique n'est ni science, ni art, ni morale : c'est le domaine de la force régulée par le droit. Il faut donc changer les rapports de force.

« Il ne faut pas confondre "piétonnier sans vapeurs d'essence" et "piétiner les valeurs de décence." (Proverbe bruxellois - toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes serait... etc) »
- Lu sur Facebook, crédit : Irène K.

  La lamentable histoire du maïorat de Bruxelles est un argument massue pour la démocratie par tirage au sort (Contre les élections, David Van Reybroeck), les mandats courts et la fin de la professionnalisation de la Politique. C'est la seule manière concrète dont j'envisage une révolution démocratique.

  Le centrisme ou l'absence de pensée. Il faut redonner sa place à la pensée critique qui ne peut correctement opérer qu'à partir d'un point de vue excentré.

  McKinsey est l'officine idéologique et managériale du grand Capital. Relire L'enseignement de l'ignorance de Jean-Claude Michéa. Et OUI, l'objectif est bien de créer une société à deux vitesses et une masse de consommateurs à moitié illettrés.

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Will this technology bring us someday to the stars?
  At least it can fasten much more than expected the moment we will be able send automated engines during our lifetime and get results back from Alpha Centauri!
This is the Breakthrough Starshot program. It’s simple and amazing (simple in concept. Implementation will be much more complex). SF fans will be reminded of spaceships driven by light sails... (Arthur C. Clarke ...)



Picture: © Chris Wren, Mondolithic Studios
Une escadrille de voiles poussées par de la lumière laser et portant chacune une petite puce équipée de capteurs, telle est l'idée du projet Starshot pour atteindre une étoile voisine du Soleil.

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  Cher ami, vous avez-raison. L'horloge s'est arrêtée avec l'explosion des bombes. H. Et nous sommes vaguement demi-vivants. Ou demi-morts.
- Avec les amitiés d'Ubik.
P.S. Avez-vous acheté votre Ubik de protection? Ne tardez pas.

  Est-ce un « ou » mutuellement exclusif ou pas? (Si et seulement si il existe un ensemble dont l'être et le non-être sont membres). Exemple: vous-même, faites-vous partie de l'ensemble des auteurs qui s'écrivent et ne s'écrivent pas eux-mêmes ? Une fois admis le principe de non-contradiction du « et », nous pourrons en conclure que l'existence même de la question est la preuve de l'existence de cet ensemble, d'où, pour en revenir à la proposition principale, nous dirons que la réponse au problème est indécidable. Vous venez donc d'enrichir la littérature d'une classe de problème dits N-P - nous pourrons encore écrire des milliers de livres.
- Amitiés polynomiales.
P.S. Avez-vous acheté votre Ubik de protection? Ne tardez pas.

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  Et nous terminons cette revue des événements mémorables ou minuscules du mois, par un écho de la cruelle vie littéraire il y a soixante ans, rappelés à notre bon souvenir par l’Agenda 2017 de La Pléiade.
Juin 1957 : «   Le début des Réflexions sur la guillotine de Camus paraît dans La NRF, qui propose aussi des bonnes feuilles de D’un château l’autre et un entretien de Céline avec Nimier, « Céline au catéchisme ». »

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Merci à :
Daniel C. Dennett
Patrick Tort pour ses lectures de Darwin
et tous ceux qui défendent le matérialisme intégral dans le champ scientifique et combattent l’obscurantisme sous toutes ses formes, d’abord dans les sciences – ce qui parait légitime - et dans le domaine public (il est important de défendre la laïcité) : à savoir l’obscurantisme en version hard (l’intégrisme religieux), ce qui va de soi, mais aussi l’obscurantisme en version soft (spiritualisme, créationnisme et autres « irrationalités »…) et ceci est nettement moins évident car comme il est dit que le diable se cache dans les détails, on ne verrait pas pourquoi un « gentil » illuminé pourrait être moins dangereux qu’un « forcené » de la vérité. Le problème c’est qu’à long-terme le doux dingue est aussi dangereux que le baveux hurlant s’il a pour effet de nous ramollir le cerveau et de neutraliser notre intelligence critique. Mais il y a aussi autre chose : éviter de tomber soi-même dans le piège du baveux hurlant, devenir plus laïque que Saint-Verhaegen (« patron » de l’Université Libre de Bruxelles) et se méfier comme de la peste des philosophes donneurs de leçons.
- Amitiés
P.S. Avez-vous acheté votre Ubik de protection? Ne tardez pas. Il vous protègera des uns et des autres.

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Remerciement spécial à Maurice G. Dantec (Grenoble, 13 juin 1959 – Montréal, 25 juin 2016), « écrivain nord-américain de langue française » comme il se définissait lui-même, à qui j’emprunte le titre de « Théâtre des opérations » pour le texte que vous venez de parcourir.

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Précédents épisodes du Théâtre des Opérations :

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